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Par , publié le 3 septembre 2020

Les noces paraissaient audacieuses. Elles n’auront finalement duré que six ans. Mardi, la ferme à start-up Rocket Internet a officialisé son intention de quitter la Bourse de Francfort, après un parcours chaotique marqué par une défiance permanente des investisseurs. Cette décision est justifiée par la volonté de “se concentrer sur un développement à long terme sans se soucier des circonstances passagères sur lesquelles les marchés ont tendance à mettre l’accent”. Elle n’est finalement pas si surprenante. Et illustre la dichotomie entre le monde des start-up et celui des marchés financiers.

Fabrique de clones – Fondé en 2007 par les frères Samwer, dont Oliver l’actuel patron, Rocket Internet est rapidement devenu une usine à clones. Au lieu de lancer de nouvelles idées, le groupe allemand a simplement dupliqué à la chaîne celles de start-up américaines, comme Uber, Airbnb, Groupon ou encore Zappos. Et les a ensuite déployées dans de nombreux pays en prenant de vitesse ses modèles. En industrialisant la création de jeunes pousses, Rocket Internet est capable d’aller très vite. Rapidement, son porte-feuille accumule ainsi plusieurs dizaines de sociétés. Le système fait ses preuves et enregistre plusieurs succès: Zalando, HelloFresh, Home24… Rocket Internet réalise aussi des investissements judicieux, notamment dans le service de livraison de repas Delivery Hero.

Start-up surévaluées – En 2014, Rocket Internet fait son entrée en Bourse. L’opération lui permet de lever de l’argent devant lui permettre d’investir dans ses prochaines copies. La société est alors valorisée à 6,2 milliards d’euros. Elle ne vaut aujourd’hui plus que 2,6 milliards. Avec les marchés, le climat s’est en effet vite détérioré alors que les pertes s’accumulaient. Les investisseurs reprochent aux dirigeants une structure capitalistique complexe et un manque de transparence sur les comptes. Et les soupçonnent de surévaluer la valeur réelle de leurs différentes start-up, notamment en multipliant les levées de fonds pour faire gonfler artificiellement les valorisations.

Incomparabilité avec les marchés – L’histoire boursière de Rocket Internet est celle d’une incompatibilité entre les attentes des marchés, qui demandent des résultats toujours en hausse, et le cycle plus aléatoire d’investissements dans les start-up. Comme un fonds de capital-risque, Rocket Internet n’est pas à l’abri d’échecs ou de paris qui mettent plus de temps que prévu à porter leurs fruits. En n’étant plus cotée, et disposant toujours d’une trésorerie solide, la société pourra désormais agir plus librement. Cela ne signifie pas pour autant que sa situation n’est pas inquiétante. Son modèle, copié depuis par d’autres acteurs, semble en effet s’essouffler. Si son porte-feuille compte plus de 200 start-up, qu’elle valorise à un milliard d’euros, les réussites se font beaucoup plus rares.


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