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Par , publié le 4 septembre 2020

Nouveaux problèmes en perspective pour Robinhood. Selon le Wall Street Journal, la très populaire application de courtage est en effet dans le collimateur de la Securities & Exchange Commission (SEC). Le gendarme boursier américain lui reproche d’avoir caché à ses utilisateurs qu’elle revendait leurs ordres à des firmes de trading à haute fréquence – une pratique légale mais très controversée qui représente plus des deux tiers de son chiffre d’affaires. L’entreprise américaine pourrait se voir infliger une amende supérieure à 10 millions de dollars, potentiellement dans le cadre d’un accord à l’amiable.

Pas de commissions – Fondé en 2013, Robinhood a révolutionné le courtage en ligne aux Etats-Unis, grâce à sa simplicité d’utilisation et surtout à l’absence de commissions. Si bien que les grands acteurs du secteur, comme Charles Schwab et TD Ameritrade, ont fini par s’aligner sur sa politique tarifaire. Le succès de la plate-forme a bondi pendant la crise du coronavirus, avec la chute puis le spectaculaire rebond des marchés financiers. En mai, elle revendiquait 13 millions d’utilisateurs, soit 3 millions de plus que fin 2019. Et elle assure avoir réalisé davantage de transactions que ses grands rivaux en juin. Profitant de cette dynamique, elle a levé 800 millions de dollars cette année. Et atteint une valorisation de 11,2 milliards.

Monétisation en coulisses – Pour compenser l’absence de frais de courtage, Robinhood se rémunère en réinvestissant les sommes déposées par ses clients mais non investies en actions. La société offre aussi un abonnement premium. Mais la grande majorité de ses recettes provient de la revente d’ordres à des teneurs de marché, qui génèrent des profits en grappillant d’infimes variations entre les ordres d’achat et de vente. Pour ses détracteurs, cette pratique crée un conflit d’intérêt en encourageant le teneur de marché à ne pas forcément réaliser l’opération la plus avantageuse pour le client. Jusqu’en 2018, Robinhood n’indiquait pas à ses utilisateurs ce qui se passait en coulisses.

Comportements à risque – L’entreprise est également sous le coup d’une deuxième enquête menée par la SEC. Celle-ci porte sur les problèmes techniques qui avaient rendu l’application indisponible au printemps. Le régulateur se penche notamment sur l’absence de communication pour rassurer les utilisateurs. A Washington, Robinhood intéresse aussi les parlementaires. L’application est accusée de transformer le courtage en jeu. Et ainsi d’encourager les boursicoteurs, parfois peu avertis, à adopter des comportements à risque, notamment en utilisant des outils de trading sophistiqués qui peuvent entraîner de lourdes pertes. Cet été, un étudiant américain s’est donné la mort après avoir cru, à tort, qu’il avait perdu 730.000 dollars.


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