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Par , publié le 27 septembre 2020

La menace pesait sur Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC). Washington l’a mise en exécution vendredi, en lui imposant des sanctions commerciales. Désormais, le premier fabricant chinois de semi-conducteurs ne pourra plus acheter certaines technologies américaines, sans avoir d’abord obtenu une dérogation – un sésame que l’administration Trump délivre au compte-gouttes. Cette décision devrait contrarier les efforts du gouvernement chinois pour développer son industrie. Et accentuer encore un peu plus les tensions entre les deux puissances.

Pas sur la liste noire – Dans une lettre adressée aux fournisseurs de SMIC, Washington justifie ces mesures par des “risques inacceptables” de voir des technologies américaines être “détournées à des fins militaires”. La société aurait cependant pu être sanctionnée encore plus durement. Elle n’a en effet pas été placée sur l’Entity list, une liste noire qui prévoit des restrictions beaucoup plus strictes. Celle-ci interdit, sauf autorisation, toute collaboration avec des entreprises américaines, mais aussi avec les groupes étrangers qui utilisent aussi des équipements américains. C’est sur cette liste que figure Huawei, aujourd’hui en grandes difficultés pour se procurer des composants électroniques.

Expansion limitée – L’impact de ces restrictions dépendra de leur champ d’application. Il pourrait être important pour SMIC. Selon les analystes de Jefferies, la moitié de ses équipements proviennent de fournisseurs américains. Dans l’impossibilité de les remplacer ou d’en acheter de nouveaux, le fabricant chinois sera ainsi limité dans ses projets d’expansion. Et aura bien du mal à rattraper son retard sur les dernières générations de puces. Il pourrait aussi perdre des clients, préférant s’approvisionner ailleurs pour anticiper un éventuel durcissement des sanctions. SMIC a déjà été indirectement touché par les mesures à l’encontre de Huawei, son principal client auquel il ne peut plus vendre de puces.

Riposte chinoise – La société, en partie détenue par l’État, est au cœur de la stratégie du pays pour doper son industrie des semi-conducteurs. Encore très dépendante des Etats-Unis, la Chine souhaite produire 75% de ses besoins d’ici à 2025. Un objectif ambitieux qui semble de plus en plus inatteignable. Face aux sanctions américaines, le régime chinois va riposter. Il doit bientôt publier une liste d’“entités non fiables”, qui exclura certaines entreprises de son marché. La Chine possède, en outre, une autre arme pour répondre aux Etats-Unis: bloquer le rachat du britannique Arm Holdings par l’américain Nvidia.


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