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Par , publié le 7 octobre 2020

Élever des vers de farine pour révolutionner la chaîne alimentaire. C’est l’ambition de la start-up française Ÿnsect, qui a annoncé mardi avoir levé 224 millions de dollars (190 millions d’euros) supplémentaires, auprès d’investisseurs et de banques. Cette somme doit lui permettre d’achever la construction de sa ferme à Poulainville, près d’Amiens. L’entreprise y fabriquera, dans environ un an et demi, de l’engrais et des protéines pour nourrir des poissons d’élevage et des animaux de compagnie. A terme, elle pourrait aussi se positionner sur l’alimentation humaine.

100.000 tonnes par an – La société exploite déjà un site pilote dans le Jura. Elle y élève des larves de scarabée Tenebrio molitor, quand ses principaux rivaux ont opté pour des mouches soldats noires. Elle explique avoir choisi cette espèce en raison de ses capacités nutritionnelles, qui permettraient, par exemple, d’augmenter d’un tiers le rendement de l’élevage des truites ou de réduire d’un quart la mortalité des bars. Sa future usine reprendra le principe des fermes verticales, cultivant de manière automatique des vers sur des étagères. Ÿnsect vise d’abord une production de 100.000 tonnes d’ingrédients par an. Cette capacité pourrait ensuite être doublée.

“Produire plus avec moins” – L’utilisation d’insectes dans l’agriculture doit permettre de résoudre une équation: “produire plus de nourriture avec moins de terres et de ressources et ce, sans déforester, ni vider les océans”, explique Antoine Hubert, le patron et co-fondateur de Ÿnsect. Avec ses protéines, l’entreprise promet d’accompagner, de manière durable, la hausse attendue de la consommation de viande et de poisson. Dans l’aquaculture, qui fournit désormais près de la moitié de la consommation, les insectes remplaceraient ainsi les farines de poisson aujourd’hui utilisées. Pour les porcs et les poulets, ils pourraient se substituer aux céréales, dont la production alourdit le bilan carbone de l’élevage.

Et ensuite l’alimentation humaine ? – Ÿnsect assure que son carnet de commandes se chiffre déjà à plus de 100 millions d’euros. La société espère désormais développer ses ventes aux Etats-Unis, ce qui explique en partie la présence d’investisseurs américains dans sa dernière levée de fonds. Et elle pourrait ensuite viser l’alimentation humaine. Il faudra alors faire “beaucoup de pédagogie en expliquant à quel point les protéines d’insectes que nous produisons sont bonnes pour la santé”, reconnait Antoine Hubert, interrogé par Le Courrier Picard. Les analystes de Barclays estiment que le marché devrait connaître une forte croissance et se chiffrer à 8 milliards de dollars en 2030.

Pour aller plus loin:
– Avec Infarm, les fermes verticales s’invitent au supermarché
– Avec Mosa Meat, la viande de synthèse se rapproche de nos assiettes


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