Facebook demande à sa “Cour suprême” de statuer sur Donald Trump

Par , publié le 21 janvier 2021

À peine installé, le conseil de surveillance de Facebook va déjà devoir rendre un jugement historique. Saisi jeudi par le réseau social, cet organisme indépendant va en effet devoir se prononcer sur la suspension des comptes de Donald Trump. Un dossier explosif qui oppose les partisans d’une modération plus stricte des contenus haineux et de la désinformation, aux défenseurs de la liberté d’expression – et encore plus lorsqu’il s’agit d’une personnalité politique. Attendu sous 90 jours, le verdict suscitera sans aucun doute la controverse. Et il créera surtout un précédent.

Incitation à la violence – Les comptes Facebook et Instagram de Donald Trump sont suspendus depuis le 7 janvier, au lendemain de l’invasion du Capitole américain par ses partisans. Mark Zuckerberg avait alors justifié ce choix par des craintes d’incitation à la violence. Contrairement à Twitter, qui a supprimé définitivement le compte de l’ancien président des Etats-Unis, la société n’avait pas pris de décision définitive. Pour statuer, sa Cour suprême, composée de 40 membres, va ouvrir une période de consultation publique. Elle offrira également à Donald Trump l’opportunité de se défendre.

Prise de distance – La saisine du conseil de surveillance n’est pas vraiment une surprise. Cet organisme a en effet été institué l’an passé pour prendre les grandes décisions sur la modération. “Facebook ne devrait pas prendre autant de décisions majeures concernant la liberté d’expression et la sécurité de son propre chef”, expliquait à l’époque Mark Zuckerberg. En outre, ce choix permet à l’entreprise de prendre ses distances avec un verdict qui s’annonce très controversé. Et ainsi de se mettre partiellement à l’abri des critiques, notamment du monde politique.

Protection juridique – La suspension des comptes Facebook et Twitter de Donald Trump a suscité de nombreuses réactions négatives. Et pas seulement de ses partisans. En Europe, de nombreux politiques, de tous bords, ont dénoncé une entrave à la liberté d’expression. Aux Etats-Unis, le débat est davantage politisé, entre les démocrates et les républicains. Il porte également sur l’avenir de la section 230, la protection juridique des réseaux sociaux. Les deux camps souhaitent une réforme. Mais préconisent des mesures diamétralement opposées.

Pour aller plus loin:
– Les Etats-Unis veulent limiter la protection juridique des réseaux sociaux
– Des célébrités boycottent Facebook, mais les annonceurs reviennent

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