Par , publié le 1 février 2021

Véritable menace ou simple moyen de pression ? Alors que le conflit avec le gouvernement australien s’envenime, Google assure qu’il est prêt à débrancher son moteur de recherche dans le pays. “Nous n’aurions pas véritablement d’autre choix”, a prévenu Melanie Silva, la directrice de la filiale australienne. Pas de quoi impressionner cependant le premier ministre Scott Morrison, qui promet de ne pas “plier devant les menaces”. Et donc de maintenir son projet de loi qui doit contraindre le géant américain à rémunérer les médias pour leurs contenus.

“Contraire aux principes d’Internet” – Encore en discussion au Parlement, ce texte va plus loin que la récente directive votée en Europe qui instaure un “droit voisin” sur la reprise d’extraits ou de photos. Il prévoit en effet que Google, mais aussi Facebook, versent une rémunération aux groupes de presse dès qu’ils partagent un simple lien vers leurs articles. Cela signifie que ces nouvelles règles ne s’appliqueront pas seulement à Google Actualités, mais aussi au moteur de recherche classique. Une entrave au principe même d’Internet, rétorque l’entreprise pour justifier son opposition.

Pression de l’opinion publique – À la place, elle propose de déployer en Australie, sa plate-forme News Showcase, qui repose sur des accords commerciaux beaucoup moins contraignants, négociés avec quelques médias. Mais le gouvernement australien semble bien déterminé à aller jusqu’au bout de sa démarche. Google mise sur une potentielle réaction de l’opinion publique, alors que sa part de marché dans la recherche en ligne dépasse les 90% dans le pays. La société espère surtout éviter de créer un dangereux précédent: en cédant face à Canberra, elle pourrait se placer en position de faiblesse face à d’autres gouvernements.

Fermeture en Espagne – L’Australie représente moins de 3% de son chiffre d’affaires et son retrait ne serait que partiel: ses autres services comme Gmail ou Google Maps resteraient disponibles. Il est cependant difficile de savoir si Google mettra sa menace à exécution. En Espagne, la société était allée jusqu’au bout en fermant Google Actualités en 2014, après le vote d’une loi l’obligeant à rémunérer les entreprises de presse. En France, elle avait trouvé une parade pour éviter de verser les “droits voisins”. Mais rattrapée par l’autorité de la concurrence, elle a préféré céder plutôt que fermer Google Actualités. Il y a deux semaines, un accord avec de grands quotidiens français a ainsi été trouvé.

Pour aller plus loin:
– Google promet un milliard de dollars pour la presse
– L’Europe s’interroge sur l’efficacité des amendes infligées à Google


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