Par , publié le 28 mars 2021

C’est une épine de plus dans le pied des géants tech chinois, déjà dans le viseur de leur propre gouvernement. La semaine dernière, la Securities & Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, a lancé la mise en œuvre d’un projet de réglementation qui pourrait les exclure de Wall Street. Initiée par l’administration Trump lors de ses derniers mois au pouvoir, cette réforme vise directement Alibaba, Tencent ou encore Baidu. Elle s’inscrit dans un contexte de vives tensions géopolitiques entre les deux pays, qui s’est déjà traduit par des sanctions sévères contre Huawei.

Transparence – Les nouvelles règles prévoient que les entreprises étrangères cotées à New York devront faire certifier leurs comptes par des sociétés reconnues par l’administration américaine. Autrement dit, elles ne pourront plus avoir recours à des firmes chinoises. Officiellement, ce changement est motivé par une volonté de renforcer la transparence, notamment suite au scandale Luckin Coffee, le “Starbucks chinois” qui avait falsifié ses comptes. Mais pour Pékin, cette obligation représente un risque pour sa sécurité nationale. L’an passé, le régime a ainsi adopté une loi interdisant à ses entreprises de suivre la réglementation boursière d’un autre pays sans autorisation.

Délai de trois ans – Plus de 400 groupes chinois sont cotés sur le New York Stock Exchange et sur le Nasdaq. Parmi eux, la grande majorité des sociétés tech, venues chercher aux Etats-Unis des fonds plus abondants et des capitalisations plus élevées. Cet attrait pour Wall Street a atteint un niveau historique en 2020, en raison du bond des introductions en Bourse et de la volonté d’anticiper l’entrée en vigueur du futur cadre réglementaire. Ces entreprises pourraient bientôt se retrouver prises au piège entre les injonctions de Washington et celles de Pékin. Si elles ne peuvent pas se mettre en conformité au bout de trois ans, elles seront exclues des marchés américains.

Bascule vers Hongkong – Au grand dam du NYSE et du Nasdaq, cet épisode pourrait accélérer la transition vers Hongkong. Depuis un an et demi déjà, plus d’une dizaine de sociétés chinoises cotées à New York y ont déjà mené une deuxième IPO. C’est le cas notamment d’Alibaba, de Baidu ou encore de JD. D’autres entreprises, comme le fabricant de smartphones Xiaomi, le service de livraison de repas Meituan et la plate-forme de courtes vidéos Kuaishou ont fait l’impasse sur les Etats-Unis. Une option que devrait également retenir ByteDance, la maison mère de TikTok. Dans le même temps, les autorités chinoises ambitionnent toujours d’imposer un nouveau marché, le Start Market, conçu pour rivaliser avec le Nasdaq.

Pour aller plus loin:
– En Chine aussi, les autorités veulent sévir contre les géants du numérique
– Baidu s’introduit à la Bourse de Hongkong pour continuer à se réinventer


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