Par , publié le 9 juin 2021

Huit ans après son lancement officiel, la French Tech va franchir jeudi une étape majeure: sa première introduction en Bourse (IPO) d’envergure. Un test important qui pourrait, s’il est réussi, ouvrir la voie à d’autres opérations au cours des prochains mois. Les honneurs du premier entrant reviennent à Believe, une société spécialisée dans l’accompagnement numérique d’artistes et de labels. Et cocorico supplémentaire: elle a opté pour la Bourse de Paris et non pour les marchés new-yorkais, ne suivant ainsi pas l’exemple de Criteo, la dernière IPO marquante pour la tech française en octobre 2013.

850.000 artistes – Fondée en 2005, Believe a évolué avec l’industrie de la musique, des plateformes de téléchargement, comme iTunes, vers les offres de streaming. L’entreprise propose toute une gamme de services pour aider les artistes à naviguer dans ce nouvel environnement, de la diffusion de leurs titres à la promotion de leur catalogue, en passant par la production de vidéos. Présente dans 50 pays, elle représente 850.000 artistes, qui ont généré l’an passé plus de 375 milliards de vues sur YouTube et plus de 100 milliards d’écoutes sur Spotify. En 2020, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 441 millions d’euros, mais elle a accusé une perte nette de 27 millions.

Encore peu d’exits – Depuis 2013, l’écosystème tech français est entré dans une nouvelle dimension. Et il enregistre même une nette accélération ces derniers mois, comme en témoignent les records de levée de fonds régulièrement battus. La France totalise désormais 15 licornes, ces sociétés non cotées valorisées à plus d’un milliard de dollars. À défaut de champions internationaux, elle compte de nombreuses entreprises ayant franchi avec succès les frontières hexagonales. Mais la French Tech souffre encore d’un manque d’exits, c’est-à-dire de rachats et surtout d’IPO. Ces opérations représentent un élément important pour dynamiser le secteur.

Ambitions à la baisse – L’entrée en Bourse de Believe sera donc particulièrement scrutée. Un succès pourrait lancer une dynamique positive sur la place parisienne. Cela n’est cependant pas gagné d’avance. La semaine dernière, la société a revu ses ambitions à la baisse: elle ne lèvera plus que 300 millions de dollars dans cette opération, soit 200 millions de moins que prévu initialement. Elle a aussi fixé son prix d’introduction à la limite basse de sa fourchette. En outre, l’IPO en Bourse ratée de Deliveroo a montré que les investisseurs européens restaient très prudents face à des sociétés encore déficitaires. Et qu’il était difficile, voire impossible, d’obtenir les mêmes valorisations qu’aux Etats-Unis.

Pour aller plus loin:
– Contentsquare lève 500 millions de dollars, un record en France
– Pourquoi l’introduction en Bourse de Deliveroo a tourné au fiasco


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