Le pilote automatique de Tesla dans le viseur de la sécurité routière américaine

Par , publié le 20 septembre 2021

“Trompeur et irresponsable”. Jennifer Homedy, la nouvelle patronne du conseil américain à la sécurité des transports ne mâche pas ses mots lorsqu’elle évoque la prochaine mise à jour du système d’aide à la conduite de Tesla. Attendue ces prochains jours après plusieurs mois de tests, celle-ci est baptisée full self-driving capability (FSD), ou “capacité de conduite entièrement autonome”. Alors même que le système ne permet pas aux voitures du constructeur de rouler seules. De quoi “induire en erreur” les propriétaires, redoute la responsable dans un entretien accordé au Wall Street Journal, qui appelle les autorités compétentes à intervenir.

Baisse de la vigilance – Lancé dans une course de vitesse, Tesla propose un système d’aide à la conduite depuis 2015, nommé Autopilot – une appellation qui peut également être considérée comme trompeuse. La capacité FSD, vendue 10.000 dollars ou accessible via un abonnement de 199 euros par mois, doit étendre les fonctionnalités, permettant par exemple au véhicule de changer de voie ou de s’arrêter à un feu de signalisation. Comme pour l’Autopilot, la société indique que les conducteurs doivent conserver leurs mains sur le volant et rester vigilants. Mais une étude récente a montré qu’ils prêtaient moins attention à la route lorsque la fonctionnalité était enclenchée.

Enquête sur douze accidents – Le déploiement du système FSD doit intervenir à peine un mois après l’ouverture d’une enquête par la National Highway Traffic Safety Administration, la principale autorité chargée de la sécurité routière aux Etats-Unis. Celle-ci porte sur douze accidents, ayant fait un mort et 17 blessés. L’organisme cherche à déterminer si l’Autopilot réagit de manière appropriée dans certaines conditions, notamment de nuit lorsqu’un véhicule de secours est arrêté sur une voie avec ses gyrophares allumés. Il souhaite aussi étudier les garde-fous mis en place pour s’assurer que les conducteurs restent bien attentifs. De nombreux observateurs les considèrent comme insuffisants.

Pari technologique – Malgré les accidents et les enquêtes, Tesla ne semble pas décidé à ralentir. Car la conduite autonome n’est plus seulement un argument marketing. Elle justifie également en partie son immense valorisation boursière (723 milliards de dollars, contre 296 milliards pour Toyota). Tesla doit désormais prouver que son pari technologique était le bon. Au lieu d’utiliser un lidar (système de lasers) installé sur le toit, comme tous les autres acteurs, le groupe fondé par Elon Musk a en effet opté pour des caméras qui permettent de détecter les obstacles. Après avoir beaucoup promis, l’homme d’affaires avait reconnu cet été qu’il ne s’attendait pas à “ce que cela soit si dur”.

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