Everli, “l’Instacart européen”, accélère en France

Par , publié le 16 février 2022

Un an après son arrivée en France, Everli passe à la vitesse supérieure. Déjà disponible à Lyon, Bordeaux ou encore Toulouse, son service de livraison de courses a été lancé lundi dans plusieurs villes de la région parisienne. Et il le sera bientôt à Paris. Cette étape symbolise les grandes ambitions de la société italienne sur un marché en pleine effervescence. Pour s’y imposer, elle mise sur un modèle qui a fait ses preuves aux Etats-Unis, celui d’Instacart, le pionnier américain désormais valorisé à 39 milliards de dollars. Mais un modèle qui est aussi remis en cause par l’arrivée de nouveaux acteurs, promettant d’acheminer les achats en 15 ou 20 minutes.

“Shoppers” – Fondé en 2014 à Vérone, sous le nom de Supermercato24, Everli ne possède ni entrepôt, ni stock. Mais une armée de “shoppers”, rémunérés entre 12 et 20 euros par commande, qui font directement les courses dans le supermarché choisi par le client. La livraison est réalisée le jour même, voire dans un délai d’une heure si l’acheteur paie un supplément. La société est désormais présente dans plus de 80 villes en Europe. Si l’Italie représente toujours l’essentiel de son activité, elle s’étend sur le continent. Elle vient par exemple de se lancer en Allemagne. Avec la crise sanitaire, qui a dopé les courses alimentaires en ligne, ses ventes ont été multipliées par quatre en 2020.

25.000 produits – Le modèle à la Instacart présente plusieurs avantages. Il permet de se déployer plus rapidement et à moindre coût. Everli n’a ainsi levé que 113 millions d’euros depuis son lancement, là où les start-up de livraison ultrarapide doivent multiplier les levées de fonds pour bâtir leur chaîne logistique dans les centres-villes. Autre bénéfice: le service peut proposer beaucoup plus de références. Jusqu’à 25.000 produits disponibles selon l’enseigne choisie par le client. C’est environ dix fois plus que les plateformes qui s’appuient sur de petits entrepôts urbains. Cette différence se répercute sur le panier moyen: près de 100 euros chez Everli.

Partenariat – Ce modèle se traduit en revanche par davantage de problèmes d’inventaire, par exemple un produit en rupture de stock dans un magasin. Il semble aussi plus difficile à mettre en place dans les centres-villes très denses. Surtout, il affiche de faibles marges. Pour fonctionner, il nécessite donc des alliances avec les distributeurs, qui acceptent de verser des commissions en échange de données sur les achats. En France, seul Carrefour a été convaincu. Les autres rechignent toujours à céder une partie de leurs marges, d’autant que la plateforme leur fournit déjà des clients “gratuitement”. Pour doper ses marges, Everli souhaite aussi développer son activité publicitaire, comme Instacart et Amazon.

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