Après le crash de son lanceur, Blue Origin est à l’arrêt

Par , publié le 13 septembre 2022

Blue Origin n’avait pas rencontré d’échec depuis son tout premier vol d’essai en avril 2015. Lundi, son lanceur New Shepard s’est écrasé une minute après son décollage au Texas. Certes, la société spatiale de Jeff Bezos, qui avait enchaîné 21 missions sans le moindre incident, pourra se satisfaire du bon fonctionnement de son système de sauvetage: la capsule, qui transportait seulement des expériences scientifiques, a bien été éjectée comme prévu, avant d’atterrir sans dégât quelques minutes plus tard. Mais cet échec va se répercuter sur son programme de tourisme spatial: les autorités américaines ont déjà suspendu tous les vols le temps de mener leur enquête.

Missions habitées – L’an passé, Blue Origin a fait entrer le tourisme spatial dans une nouvelle ère, celle des vols commerciaux privés. La société du fondateur d’Amazon y affronte principalement Virgin Galactic, lancée par le britannique Richard Branson, et SpaceX, dirigée par Elon Musk. Blue Origin a déjà réalisé six missions habitées, avec le même lanceur réutilisable, plus récent que celui qui vient d’être détruit. Et transporté 31 personnes – dont Jeff Bezos lors de la première mission – aux portes de l’espace, à une centaine de kilomètres de la Terre, pour un vol suborbital de seulement onze minutes. Le prix du ticket n’a jamais été révélé. L’an passé, la start-up assurait avoir vendu pour près de 100 millions de dollars.

Coup d’arrêt – Au-delà des conséquences sur le calendrier des lancements, le crash est un coup d’arrêt pour Blue Origin, financé à coups de milliards par Jeff Bezos. Même si les procédures d’urgence ont bien fonctionné, il rappelle que le tourisme spatial n’est pas sans danger. L’an passé, le premier vol de Virgin Galactic avait été marqué par un incident de trajectoire. Cela pourrait faire réfléchir certains clients potentiels, alors que les deux rivaux souhaitent accélérer la cadence des missions. Par ailleurs, Blue Origin ne dispose désormais plus que d’un seul lanceur, pour réaliser à la fois les missions habitées et les missions inhabitées. Enfin, les investigations pourraient prendre plusieurs mois. Et ralentir ses autres programmes.

Retards – Blue Origin travaille en particulier sur New Glenn, son prochain lanceur, en partie réutilisable. Celui-ci sera capable de réaliser des vols orbitaux, rivalisant avec les fusées de SpaceX. Le groupe compte déjà six clients, dont Amazon pour lequel il doit réaliser jusqu’à 33 missions pour placer sur orbite des dizaines de satellites du projet Kuiper, qui vise à fournir une connexion Internet depuis l’espace. Le projet affiche plusieurs années de retard, ce qui lui a fait perdre des contrats avec le gouvernement américain. Initialement prévu en 2020, le premier vol d’essai n’est pas attendu avant janvier 2023. À plus long terme, Blue Origin ambitionne également de fabriquer un module lunaire. Et de lancer sa propre station spatiale.

Pour aller plus loin:
– SpaceX va transporter des astronautes de la NASA sur la lune
– Blue Origin donne le coup d’envoi du tourisme spatial privé

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