Par , publié le 28 novembre 2022

Fleuron de la tech russe, Yandex voit désormais son avenir au-delà de ses frontières. Ces derniers jours, le groupe Internet, souvent surnommé le “Google russe”, négocie une importante restructuration avec le Kremlin, qui lui permettrait de couper les liens avec son pays. Un moyen de poursuivre son développement, à l’abri des sanctions imposées par les pays occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février. Si le projet est finalement approuvé, ses activités russes, comme son moteur de recherche, seraient revendues. La société, dont la maison mère est officiellement basée aux Pays-Bas, ne conserverait que quatre technologies jugées prometteuses.

Diversification – Lancé en 1997, Yandex s’est imposé comme le premier moteur de recherche en Russie, malgré la concurrence de Google. Le groupe a ensuite fortement diversifié ses activités. Il s’est lancé dans le commerce en ligne, dans les véhicules avec chauffeur (VTC), dans le paiement mobile et plus récemment dans la livraison ultrarapide de courses. L’an passé, il a réalisé un chiffre d’affaires de 356 milliards de roubles (5,7 milliards d’euros). Ces dernières années, ses dirigeants ont beaucoup misé sur l’international. Yandex avait ouvert des centres de recherche à l’étranger, développait des voitures autonomes aux Etats-Unis et souhaitait lancer son offre de cloud en Europe. La société est aussi entrée en Bourse sur le Nasdaq.

Technologies occidentales – Mais depuis février, les grandes ambitions internationales de Yandex se sont heurtées aux conséquences de la guerre en Ukraine. Son action a plongé de 60% en quelques jours. Depuis, sa cotation est toujours suspendue sur le Nasdaq. L’entreprise a aussi dû repousser le lancement de son cloud en Allemagne. Elle a été lâchée par son partenaire américain Grubhub, avec lequel elle concevait un robot de livraison. Surtout, Yandex ne peut plus se fournir auprès des entreprises occidentales qui ont suspendu leurs ventes en Russie. Yandex n’a ainsi plus accès aux puces, aux serveurs et aux logiciels indispensables pour rivaliser dans les véhicules sans conducteur ou le cloud computing. Sans restructuration, ses activités auraient donc été condamnées à disparaître.

Nouvelle identité – Selon le Financial Timesle Kremlim aurait accepté le projet de Yandex. Celui-ci sera supervisé par un proche de Vladimir Poutine, dont la principale mission sera de trouver des acheteurs privés pour les actifs russes. La maison mère néerlandaise ne conservera que quatre activités: les voitures autonomes, le cloud, l’éducation en ligne et l’étiquetage des données – une technique utilisée dans l’intelligence artificielle. Elle devrait être dirigée par Arkady Volozh, le cofondateur et ancien patron de Yandex, qui avait abandonné son poste après l’invasion de l’Ukraine. La société opérera de “manière indépendante de la Russie”, assure-t-elle. Et elle changera aussi d’identité. La marque Yandex, trop identifiée, sera conservée par les actifs russes.

Pour aller plus loin:
– Les ambitions du géant russe Yandex volent en éclat
– Pourquoi les géants de la tech quittent la Russie


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