Par , publié le 15 janvier 2023

Finalement, Anne Hidalgo n’a pas tranché. Samedi, dans un entretien accordé au Parisien, la maire de Paris a annoncé la tenue d’un vote citoyen pour décider du sort des plateformes de location de trottinettes électriques en libre-service. Celui-ci se tiendra début avril, à l’issue de la convention actuelle liant la ville à Lime, Tier et Dott, qui ont déployé 5.000 engins chacun dans les rues de la capitale. Cette décision est un moindre mal pour les trois opérateurs, alors que la tendance semblait aller vers l’interdiction malgré un arsenal d’améliorations proposé en novembre. Ils pourront tenter de mobiliser leurs utilisateurs, même si une partie d’entre eux ne pourront pas se prononcer car le vote sera réservé aux Parisiens.

“Anarchie” – Lancée en Californie en 2017, la mode des trottinettes électriques en free floating (sans bornes) a très vite conquis Paris. Plus de dix start-up se lancent rapidement dans la capitale, déployant des milliers d’engins sur les trottoirs sans autorisation ni contrôle. Une véritable “anarchie”, selon la maire Anne Hidalgo, qui a débouché sur le lancement d’un appel d’offres. En juillet 2020, seulement trois opérateurs sont retenus: l’américain Lime, l’allemand Tier et le franco-néerlandais Dott. Un cahier des charges très strict leur est alors imposé, les obligeant par exemple à salarier les équipes chargées de la recharge. Depuis, le trafic a fortement augmenté (près de 2,5 millions de trajets en juillet), malgré un parc de trottinettes toujours bridé à 15.000.

Immatriculation – À Paris, comme ailleurs, la situation s’est nettement améliorée. Sous la pression des élus locaux et de l’opinion publique, les plateformes ont introduit de nouvelles limitations. Elles ont notamment bridé la vitesse dans certaines zones et limité le stationnement à des emplacements désignés. Pas suffisant cependant pour régler tous les problèmes. Et pour faire taire les critiques. “Le compte n’y est pas”, assurait fin septembre David Belliard, l’adjoint au maire chargé des mobilités, citant les stationnements gênants, les accidents ou encore les infractions au code de la route. Les opérateurs proposent désormais d’interdire la location aux mineurs, d’immatriculer leur flotte pour faciliter les contraventions et de tester une technologie pour bloquer la circulation sur les trottoirs.

Effet boule de neige – Lime, Tier et Dott assurent également qu’un retrait de leurs trottinettes représenterait un retour en arrière, vers un monde avec davantage de voitures dans les rues. L’enjeu est primordial pour les trois entreprises, mais aussi pour leurs autres rivaux. Non seulement parce que la capitale est l’un des plus importants marchés du monde. Mais aussi parce qu’ils redoutent un effet boule de neige, en France et à l’étranger. Une interdiction pourrait en effet inciter d’autres métropoles à faire de même – le recours aux appels d’offres s’est généralisé depuis celui mené à Paris. L’effet serait d’autant plus dévastateur que le secteur n’est pas au mieux, entre un modèle économique encore fragile et la méfiance des investisseurs.

Pour aller plus loin:
– Bird, le pionnier des trottinettes électriques, menacé de faillite
– En quête d’économies, Tier abandonne ses scooters électriques


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