Par , publié le 6 juin 2024

Dans la bataille de l’intelligence artificielle générative, Intel est pour l’instant le grand absent. Non seulement le groupe de Santa Clara, longtemps numéro un mondial des semi-conducteurs, ne propose pas de cartes graphiques, permettant d’entraîner les derniers modèles d’IA, parmi les plus performantes du marché. Mais il vient aussi d’être pris de vitesse par Qualcomm, qui va équiper les premiers “PC IA” dévoilés le mois dernier par Microsoft. Mardi, son patron Pat Gelsinger a donc tenté de reprendre la main, multipliant les annonces au cours d’une présentation organisée dans le cadre du grand salon informatique Computex qui se tient cette semaine à Taïwan. De nouveaux produits qui doivent d’abord lui permettre de stabiliser ses parts de marché, avant d’espérer renouer avec la croissance de ses ventes.

Concurrence d’ARM – Dans cette optique, l’annonce la plus importante concerne probablement l’architecture Lunar Lake, sur laquelle seront basés ses futurs processeurs. Intégrant une carte graphique et un accélérateur de réseaux de neurones, ils pourront être utilisés dans les prochains PC Copilot+, un nouveau label créé par Microsoft pour mettre en avant les ordinateurs pouvant faire tourner en local des modèles d’IA. Le secteur mise beaucoup sur cette nouveauté pour relancer les ventes. L’enjeu est de taille pour Intel, qui doit désormais affronter la concurrence de l’architecture ARM sur ce segment du marché. Les processeurs Lunar Lake seront plus performants que ces nouveaux rivaux, assure l’entreprise. Ils devraient être disponibles au troisième trimestre. Et plus de 80 modèles en seront équipés avant la fin de l’année

Spirale négative – La partie est cependant loin d’être gagnée pour Intel. Face à lui, Qualcomm a été le premier à se lancer, avec le soutien de Microsoft qui espère obtenir des gains de performances et d’autonomie pour mieux rivaliser avec les Mac d’Apple, équipés depuis quatre ans de puces ARM. Nvidia et AMD devraient le suivre l’an prochain. Autant de rivaux qui devraient accentuer la chute continue des parts de marché d’Intel dans les PC. Mardi, le groupe a aussi présenté la dernière version de son processeur Xeon, destiné notamment à l’IA dans les data centers. Celle-ci est la première à utiliser un  nouveau processus de gravure, qui doit permettre de combler une partie du retard technologique accumulé ces dernières années sur le fondeur taïwanais TSMC. L’objectif est, là aussi, d’enrayer la spirale négative face à AMD.

Accélérateur d’IA – Pat Gelsinger a également dévoilé les prix de vente de Gaudi 3, le prochain accélérateur dédié à l’entraînement et à l’inférence des modèles d’intelligence artificielle générative, dont le lancement est annoncé à l’automne. La société a choisi de se montrer très agressive, avec des tarifs environ trois fois moins élevés que les cartes graphiques H100 de Nvidia, la référence actuelle dans le domaine. Elle espère ainsi prendre pied sur ce marché, largement dominé par l’autre groupe de Santa Clara, alors que ses précédents accélérateurs, issus du rachat de la start-up israélienne Habana Labs, affichaient une puissance très en deçà. Cette fois-ci, Intel promet des performances supérieures au H100. Entre-temps, cependant, Nvidia, mais aussi AMD, auront lancé de nouveaux modèles, beaucoup plus puissants.

Pour aller plus loin:
– Nvidia et AMD accélèrent les cadences pour gagner la bataille de l’IA
– Pour relancer les ventes, Microsoft lance des PC optimisés pour l’IA


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