Par , publié le 11 septembre 2025

Quatre ans après ses premières ambitions boursières, Klarna a finalement fait ses débuts mercredi sur le New York Stock Exchange. Le spécialiste suédois du “achetez maintenant, payez plus tard” a conclu sa première journée de cotation sur une hausse de 15%. Sa capitalisation s’élève ainsi à 17 milliards de dollars, presque deux fois moins que son rival américain Affirm. C’est aussi très loin de la valorisation de 46 milliards – un record pour une start-up européenne – touchée en 2021, en pleine euphorie post-Covid, lors d’une levée de fonds menée par Softbank. Rattrapé par la fin de l’argent facile, Klarna a traversé des années difficiles, contraint de licencier et d’accepter une forte décote de sa valeur pour faire face à ses pertes. Ses performances opérationnelles se sont depuis nettement améliorées, renouant mêm avec les profits en début d’année.

Sans frais – Fondée en 2005, Klarna revendique 111 millions d’acheteurs au cours des douze derniers mois. La plateforme permet de régler des achats en plusieurs fois sans frais. Pour les dépenses plus importantes, elle offre des crédits pouvant aller jusqu’à 36 mois, avec des taux d’intérêt. Elle permet aussi de différer les paiements, le temps notamment d’essayer un article et de le retourner sans jamais être débité. Selon Klarna, ces nouvelles options permettent d’augmenter le taux de conversion de 20%, le panier moyen de 40% et la fréquence d’achat de 46%. La société revendique près de 790.000 marchands partenaires, dont Nike, H&M et Ikea. Elle se rémunère principalement en leur facturant des commissions. Elle propose aussi une carte bancaire, physique ou virtuelle, pour régler des achats en magasin ou sur les sites non-partenaires, comme Amazon.

Menace réglementaire – L’an passé, 105 milliards de dollars d’achats ont transité par Klarna. Confrontée à un ralentissement de sa croissance, la start-up mise sur les crédits longue durée – et sur leurs taux d’intérêt à deux chiffres. S’ils ne représentent que 2% des transactions, ces crédits génèrent déjà un quart du chiffre d’affaires. Klarna profite aussi indirectement de l’abandon par Apple de son offre de paiement fractionné. Mieux encore, le groupe à la pomme a intégré ses offres de financement à Apple Pay. Les possesseurs d’iPhone peuvent ainsi directement régler leurs achats en magasin avec Klarna. Mais la start-up suédoise reste exposée à une menace majeure: le durcissement de la réglementation au Royaume-Uni ou en Australie. Elle est accusée, comme ses rivales, de favoriser le surendettement, notamment chez les jeunes consommateurs.

L’IA remplace les salariés – Après des années de lourdes pertes, Klarna flirte enfin avec la rentabilité, atteinte au premier trimestre mais pas au second. La fintech revient de loin: en 2022, son déficit s’élevait à un milliard de dollars – un record pour une start-up européenne. Depuis, elle a augmenté ses recettes tout en stabilisant ses dépenses. Son patron, Sebastian Siemiatkowski, promet d’aller encore plus loin grâce à l’intelligence artificielle, qui remplace déjà l’équivalent de 800 salariés du service client. Il compte ramener les effectifs à 2.000 personnes, contre 5.000 il y a trois ans. En outre, Klarna a réduit ses pertes sur crédit, enregistrées lorsqu’un acheteur n’effectue pas tous les versements prévus. Leur niveau repart toutefois légèrement à la hausse. En cause: la hausse des crédits longue durée, plus lucratifs mais aussi plus risqués.

Pour aller plus loin:
– Pour la French Tech, enfin l’heure des introductions en Bourse ?
– La plateforme de crédit Younited va entrer en Bourse


No Comments Yet

Comments are closed

Contactez-nous  –  Politique de confidentialité