C’est le retour des moonshots chez Google. Mardi, le géant de Mountain a dévoilé Suncatcher, un ambitieux projet de recherche visant à déployer des datas centers dédiés à l’intelligence artificielle générative… dans l’espace. Objectif: contourner les limites terrestres de la production d’électricité en alimentant ces serveurs grâce à l’énergie solaire. Une première phase de tests doit être menée en 2027 en partenariat avec Planet Labs, spécialiste des nanosatellites.
Défis technologiques
Concrètement, Google ambitionne de déployer une constellation d’appareils équipés de TPU, lss puces maison destinées à l’IA, et positionnés sur une orbite héliosynchrone leur assurant une exposition quasi permanente au soleil. Ces datas centers spatiaux seraient interconnectés pour former un immense réseau de calcul, capable d’entraîner et de faire fonctionner les modèles d’IA. “Cette approche a un potentiel immense pour passer à l’échelle”, assure Travis Beals, qui supervise le projet.
Mais plusieurs défis majeurs restent à relever. Pour atteindre des performances comparables à celles des infrastructures terrestres, ces satellites devront communiquer avec des débits de plusieurs dizaines de térabits par seconde. Google estime pouvoir y arriver en faisant évoluer ses satellites à seulement 100 à 200 mètres les uns des autres. Une prouesse technologique inédite: la distance moyenne entre les satellites de Starlink, la constellation de SpaceX, est de 120 kilomètres.
Concurrence de SpaceX et Blue Origin ?
Dans l’espace, les TPU seront par ailleurs soumis à des niveaux de radiation beaucoup plus élevés, ce qui pourrait limiter leur durée de vie. La société assure que les premiers tests ont été positifs. Enfin, les coûts de lancement des satellites restent trop élevés pour que ces datas centers soient économiquement compétitifs avec les infrastructurs terrestres. Google estime cependant que l’équation économique pourrait devenir viable d’ici le milieu des années 2030.
Le moteur de recherche n’est pas le seul à travailler sur un tel projet. Le mois dernier, la start-up américaine Starcloud a lancé un satellite de test équipé d’un GPU H100 de Nvidia. Un autre societe, Relativity Space, partage la même ambition. Elle aurait été rachetée en mai par Eric Schmidt, l’ancien patron de Google. La semaine dernière, Elon Musk a aussi expliqué que SpaceX pourrait déployer de data centers en orbite. Même chose pour Jeff Bezos, avec sa société spatiale Blue Origin.
Pour aller plus loin:
– L’essor fragile des néo-clouds, entre croissance rapide et endettement massif
– Faute de puissance de calcul, OpenAI repousse le lancement de nouveaux modèles

