Par , publié le 17 novembre 2025

L’heure des comptes commence pour Google. La semaine dernière, la justice allemande a condamné le moteur de recherche à verser 572 millions d’euros de dommages et intérêts à Idealo et Producto, deux plateformes de comparaison de prix en ligne. Il a été reconnu coupable d’abus de position dominante pour avoir favorisé son propre comparateur, dans la lignée de sa condamnation par la Commission européenne en 2017. Le groupe américain a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel du verdict.

Cette décision fait suite à l’arrêt définitif rendu en septembre 2024 par la Cour de Justice de l’Union européenne. Saisie par Google, la plus haute juridiction des Vingt-Sept avait confirmé l’amende de 2,4 milliards d’euros infligée en 2017 par Bruxelles – un montant record à l’époque. Les juges avaient estimé que son “comportement était discriminatoire et ne relevait pas de la concurrence par les mérites”. Leur verdict ouvre désormais la voie à des demandes d’indemnisation par les entreprises qui se considèrent lésées.

Remède inefficace ?

L’affaire remonte à 2010, lorsque plus plusieurs comparateurs de prix avaient alerté les autorités européennes. Ils reprochaient au géant de Mountain View de mettre systématiquement en avant son propre service, Google Shopping, lorsque les internautes réalisaient des recherches avant d’effectuer un achat. Reléguées au-delà de la première page de résultats, les autres plateformes avaient alors accusé une chute de leur trafic. Une partie d’entre elles n’a d’ailleurs pas survécu.

En plus de la sanction financière, Bruxelles avait également imposé des changements structurels à Google. Depuis 2017, ses rivaux peuvent participer à des enchères pour apparaître à côté des résultats alimentés par Shopping. Selon la société, 1.550 comparateurs de prix utilisent désormais ce système sur le continent. Mais celui-ci les oblige à réinvestir une part importante de leurs marges, dénoncent-ils, ce qui ne ferait en réalité que renforcer la position dominante de l’entreprise américaine.

Pour aller plus loin:
– En sanctionnant Google, Bruxelles ne cède pas aux pressions américaines
– Malgré sa condamnation, Google échappe à une vente forcée de Chrome


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