Même les plus optimistes avaient fini par perdre patience. Déjà attendue l’an dernier, la reprise des levées de fonds s’est enfin matérialisée en Europe. Après trois années de recul, les sommes récoltées par les start-up du continent devraient repartir à la hausse en 2025, selon le rapport annuel du fonds de capital-risque britannique Atomico, publié ce mercredi. Le rebond reste toutefois modeste: avec 44 milliards de dollars levés, la progression n’atteint que 7% par rapport à 2024, très loin du bond observé aux États-Unis.
L’écosystème américain tire pleinement profit de l’essor de l’intelligence artificielle générative. Dans le sillage d’OpenAI, Anthropic ou encore xAI, la start-up d’Elon Musk, qui enchaînent les tours de table d’envergure, les levées de fonds dans le secteur devrait quasiment doubler cette année aux États-Unis, atteignant 146 milliards de dollars. C’est dix fois plus qu’en Europe, où elles devraient passer de 10 à 14 milliards, dont 1,7 milliard pour la start-up française Mistral AI.
Manque de sorties
Si l’impact de l’IA est moins spectaculaire sur le continent, il explique cependant à lui seul le retour dans le vert des levées de fonds. Sans ce secteur, celles-ci auraient accusé une baisse d’un milliard de dollars. Autre signe préoccupant: le nombre d’opérations n’en finit plus de baisser. Il devrait tomber sous les 4.000, contre 4.800 l’an dernier et 9.400 en 2021. Ce serait le plus faible total depuis plus de dix ans. Petite consolation: le montant moyen des levées et les valorisations confirment la hausse amorcée l’an dernier.
Face aux États-Unis, l’Europe continue de pâtir d’un sous-investissement chronique dans ses start-up. Les levées de fonds ne devraient représenter que 0,17% du PIB cette année, contre 0,74% outre-Atlantique. Le continent souffre toujours d’un cruel manque persistant d’introduction en Bourse et de rachat, même si la situation s’est légèrement améliorée, notamment en raison d’un contexte macroéconomique plus favorable. Or, ces opérations de sortie sont primordiales pour pérenniser l’écosystème sur le long terme.
Pour aller plus loin:
– Levées de fonds, incertitudes politiques… Le jour sans fin de la French Tech
– “Les start-up n’attendent pas des conditions parfaites pour innover”

