Par , publié le 5 décembre 2025

L’information s’est propagée jeudi comme une traînée de poudre dans la presse et sur les réseaux sociaux. Elle est pourtant fausse. Non, Brevo n’a pas réalisé une nouvelle levée de fonds d’un montant de 500 millions d’euros. En réalité, la start-up française, précédemment connue sous le nom de Sendinblue, a principalement effectué une opération de buy-out: ses actionnaires historiques ont revendu tout ou partie de leur participation à deux nouveaux investisseurs, les fonds General Atlantic et Oakley Capital.

Petit investissement en fonds propres

Concrètement, ces derniers ont déboursé 500 millions d’euros pour acquérir 50% du capital de Brevo, la valorisant ainsi à un milliard. Dans la transaction, le fonds de capital-risque français Partech, entré au capital en 2017, a cédé l’intégralité de ses actions. Bpifrance et et le fonds britannique Bridgepoint ont eux aussi revendu leurs parts, avant d’en racheter immédiatement. Les deux actionnaires ont cependant profité de cette opération réduire leur participation, et ainsi engranger des plus-values.

Brevo assure que General Atlantic et Oakley Capital ont aussi investi une petite partie en fonds propres – une somme qui vient s’ajouter à la trésorerie de l’entreprise. Dans les faits, l’opération s’apparente en outre à une prise de contrôle – à défaut d’un véritable rachat, comme l’avait évoqué Bloomberg cet été. “Il n’y a pas de changement dans la gouvernance”, affirme-t-on chez Brevo, tout en reconnaissant à demi-mot que les nouveaux actionnaires auront le pouvoir, s’ils le souhaitent, de changer l’équipe dirigeante.

200 millions de dettes

L’entreprise se défend d’avoir parlé d’une levée de fonds. Mais elle a elle-même entretenu la confusion. Elle évoque en effet un “tour de financement”, un financing round en anglais, une expression proche de funding round, qui désigne, lui, une véritable levée. Elle a aussi diffusé une illustration annonçant “500 millions levés”. En revanche, Brevo reste beaucoup plus discrète sur un élément essentiel: une tranche de dette de 200 millions d’euros qui doit soutenir sa stratégie de croissance externe et financer d’importants investissements aux États-Unis.

Quoi qu’il en soit, Brevo revendique une forte croissance de son activité. Initialement spécialisée dans les campagnes marketing par e-mail, Brevo a depuis élargi son offre de relation client (CRM). En octobre, son revenu annuel récurrent (ARR), l’indicateur privilégié dans le secteur du logiciel, a franchi la barre des 200 millions d’euros. La société espère le porter à un milliard en 2030, dont la moitié devrait provenir des acquisitions déjà réalisées et de la dizaine supplémentaire que ses dirigeants ambitionnent de mener d’ici là.


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