La Federal Trade Commission ne renonce pas à obtenir le démantèlement de Meta. Deux mois après son revers devant la justice, le gendarme américain de la concurrence a décidé de faire appel. Il réclame toujours la vente forcée d’Instagram et WhatsApp, avançant que ces deux acquisitions ont permis au groupe de Menlo Park d’asseoir une position monopolistique sur le marché des réseaux sociaux. Il estime que le juge a commis une erreur, en fondant son analyse sur l’état de la concurrence en 2025, et non sur celui de 2020, année du dépôt de la plainte.
La procédure porte sur le rachat d’Instagram en 2012 pour un milliard de dollars, puis celui de WhatsApp deux ans plus tard pour 19 milliards. À l’époque, la FTC avait validé ces deux opérations. Elle considère aujourd’hui qu’il s’agissait de “killer acquisitions”, destinées à neutraliser des rivaux potentiels avant qu’ils ne deviennent trop menaçants. Selon elle, ces opérations ont été préjudiciables aux consommateurs, en verrouillant le marché et en permettant à Meta d’imposer davantage de publicités et un niveau moindre de protection de la vie privée.
Monopole en 2020, plus aujourd’hui ?
Au cours du procès, Meta a concentré sa défense sur la définition du marché, un exercice très technique mais souvent décisif dans les affaires antitrust. La FTC soutenait que l’entreprise n’était en concurrence qu’avec Snapchat et MeWe, un réseau social confidentiel quasiment inconnu. Elle écartait ainsi TikTok, YouTube ou encore X, estimant que ces plateformes évoluent sur un segment différent. Un périmètre artificiellement restreint, selon Meta, qui affirme devoir rivaliser avec l’ensemble de ces acteurs pour capter le temps et l’attention des internautes.
Cet argumentaire avait convaincu le juge. “La FTC continue d’insister sur le fait que Meta est en concurrence avec les mêmes anciens rivaux qu’au cours de la dernière décennie”, notait-il dans son verdict. Or, poursuivait-il, “des applications émergent puis déclinent, suivent une tendance pour en abandonner une autre, et ajoutent de nouvelles fonctionnalités chaque année”. Autrement dit, ce qui pouvait être vrai il y a cinq ans ne l’est plus aujourd’hui. Par exemple, le nom de TikTok n’est apparu dans le dossier qu’en 2023.
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