“Plus de villes, plus de passagers”. En pole position sur le déploiement des voitures autonomes, Waymo entend passer à la vitesse supérieure. Lundi, la filiale de Google a annoncé une gigantesque levée de fonds, d’un montant record de 16 milliards de dollars. Objectif: accélérer le déploiement de son service de robots-taxis en s’implantant dans plus de vingt nouvelles villes cette année, notamment à Londres et à Tokyo – ses premières incursions hors des États-Unis. “Notre priorité est désormais de passer à l’échelle internationale”, explique-t-elle.
Il s’agit du quatrième tour de table mené par Waymo au cours des six dernières années. Née en 2009 au sein du laboratoire de moonshots Google X avant de devenir indépendante en 2016, la société avait déjà levé près de 12 milliards de dollars. Comme lors des précédentes opérations, Google reste le principal contributeur: selon Bloomberg, le moteur de recherche aurait injecté à lui seul 13 milliards. Le reste provient de grands fonds d’investissement, permettant à la maison mère de Waymo de partager les coûts et les risques liés au développement des voitures autonomes.
La concurrence s’intensifie
Cette nouvelle levée de fonds intervient à un moment charnière. Considéré par beaucoup comme l’acteur le plus avancé du secteur, Waymo voit désormais la concurrence s’intensifier. Aux États-Unis, Tesla promet d’accélérer après le lancement d’un premier service de robots-taxis à Austin, tandis que Zoox, la start-up rachetée par Amazon en 2020, opère également à Las Vegas. En Europe et au Moyen-Orient, les groupes chinois Baidu, WeRide ou encore Pony.ai ont pris de l’avance en entamant plusieurs phases d’expérimentation.
Malgré des tarifs parfois supérieurs à ceux des VTC, Waymo affiche une forte croissance. Présentes dans six villes américaines, ses voitures autonomes ont réalisé 15 millions de trajets l’an passé, trois fois plus qu’en 2024. Après avoir opté pour un modèle intégré, opérant le service via sa propre application, l’entreprise semble désormais privilégier des partenariats. Elle s’est ainsi associée à Uber et à Lyft aux États-Unis. À Tokyo, elle a conclu un accord avec le premier opérateur de taxis de la mégalopole. Et à Londres, elle a confié la maintenance de sa flotte à la start-up Moove.
Pour aller plus loin:
– Waymo lance ses voitures autonomes à Londres, une première européenne
– Tesla présente le Cybercab, son projet de robot-taxi… sans lever les doutes

