À la recherche de dizaines de milliards de dollars pour financer ses investissements dans l’intelligence artificielle générative, Google va émettre cette semaine des obligations à 100 ans sur les marchés britanniques, rapporte le Financial Times. Un instrument rarement utilisé: il faut remonter à 1996, avec IBM, pour trouver trace d’un tel financement sur le secteur technologique. Parallèlement, le moteur de recherche prévoit de lever 15 milliards supplémentaires aux États-Unis et de procéder à une troisième émission obligataire en Suisse, dont le montant n’est pas connu.
185 milliards de capex
Ce financement atypique intervient alors que Google s’apprête à accélérer nettement ses investissements afin de renforcer son infrastructure informatique, notamment en produisant ses propres puces dédiées à l’IA et en achetant des modèles conçus par Nvidia. La société de Mountain View anticipe ainsi des dépenses en capital comprises entre 175 et 185 milliards de dollars cette année, contre 91 milliards en 2025. À ce niveau, elles devraient être presque aussi élevées que le flux de trésorerie opérationnel, c’est-à-dire les liquidités dégagées par la publicité, le cloud et ses autres activités.
Dans ce contexte, Google devrait multiplier les émissions obligataires ces prochaines années. En novembre, le groupe a déjà procédé à plusieurs opérations aux États-Unis et en Europe, récoltant 24 milliards de dollars, dont une partie en titres à maturité de cinquante ans. D’autres géants technologiques suivent la même stratégie. Facebook s’est ainsi tourné vers l’endettement l’an passé, levant 30 milliards de dollars sur le marché obligataire et 27 milliards auprès d’un fonds. Et Amazon, qui vient de licencier 30.000 personnes, n’exclut pas de recourir à ce type de financement.
Pour aller plus loin:
– Malgré les doutes, les géants tech accélèrent encore leurs investissements dans l’IA
– L’amortissement des puces d’IA, une bombe à retardement ?

