“Virez-la immédiatement ou vous en paierez les conséquences”. La menace semble à peine voilée. Samedi, Donald Trump a sommé Netflix de se séparer de Susan Rice, l’un de ses administratrices et ancienne figure des administrations Obama et Biden, qui a critiqué les entreprises qui ont préféré “s’agenouiller” devant lui. Sous peine de bloquer le rachat de Warner Bros Discovery par la plateforme américaine de streaming vidéo ? L’opération demeure, quoi qu’il en soit, incertaine, entre la contre-offensive de Paramount et un possible veto des autorités de la concurrence.
Aux États-Unis, le département de la Justice a déjà ouvert des investigations, avant même la sortie du locataire de la Maison-Blanche. Selon Bloomberg, l’enquête porte sur deux volets distincts. Le premier, classique dans ce type d’opération, concerne l’impact sur la concurrence. En mettant la main sur un catalogue riche en franchises à succès (Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, Game of Thrones, Friends…), le groupe de Los Gatos renforcerait en effet sa position dominante sur le marché du streaming, lui permettant potentiellement d’augmenter encore ses tarifs.
Impact sur les producteurs
Le second volet est plus inhabituel. Il ne s’appuie pas sur la législation encadrant les fusions-acquisitions, mais sur la loi anti-monopole. Le DOJ cherche à évaluer les conséquences de l’opération pour l’ensemble de l’industrie, et notamment à déterminer si Netflix se retrouverait en position de force face aux producteurs de films et de séries. Avec les studios Warner et la chaîne câblée HBO dans son escarcelle, la plateforme, déjà l’un des principaux acheteurs de contenus audiovisuels, pourrait en effet imposer des baisses de prix lors des négociations.
Rien ne dit, à ce stade, que les autorités antitrust américaines ou européennes s’opposeront au rachat de Warner Bros. Ni même qu’elles n’imposeront des conditions pour donner leur feu vert. Ces incertitudes constituent toutefois le principal levier de Paramount, qui devait déposer une offre améliorée avant lundi soir. Selon Variety, celui-ci se chiffrerait à 32 dollars par action, contre 30 dollars jusqu’ici. Netflix propose, de son côté, 27,75 dollars, mais sans reprendre les chaînes de télévision linéaire, qui seraient regroupées au sein d’une nouvelle entité cotée en Bourse.
Pour aller plus loin:
– Pourquoi Netflix souhaite racheter les studios Warner Bros
– Pourquoi Netflix n’en finit plus d’augmenter ses prix

