Fei-Fei Li ne parle plus d’intelligence artificielle mais d’intelligence spatiale. Avec sa start-up World Labs, l’ancienne responsable de l’IA de Google Cloud, figure emblématique du secteur, vient ainsi de lever un milliard de dollars pour mener la révolution des “worlds models” – des modèles capables de comprendre le monde physique à partir d’images et de vidéos afin de prendre des décisions de manière autonome. Une architecture radicalement nouvelle que des chercheurs estiment indispensable pour franchir un nouveau cap vers la superintelligence.
Entraîner les robots
Lancée il y a deux ans, World Labs avait déjà bouclé un premier tour de table de 230 millions de dollars. Fin 2025, la start-up a présenté son tout premier modèle, Marble, qui permet de générer des mondes virtuels 3D à partir de simples prompts textuels, d’images ou de vidéos. Au-delà des applications créatives, comme le cinéma et les jeux vidéo, celui-ci pourrait trouver des débouchés dans la construction ou l’industrie. Pour accélérer son déploiement commercial, World Labs a fait entrer Autodesk, spécialiste des logiciels de conception assistée par ordinateur, dans son capital.
Marble ne représente cependant qu’un “aperçu des possibilités futures”. La société ambitionne par exemple d’utiliser sa technologie pour lever l’une des principales limites de la robotique: entraîner des modèles capables de réaliser une multitude de tâches dans des environnements très variés. À plus long terme, surtout, World Labs ne veut pas se contenter de créer des mondes virtuels, mais de concevoir des modèles capables de raisonner directement à partir des environnements 3D. Une vision que partage notamment Yann LeCun, récemment parti de Meta pour lancer sa propre start-up.
Pour aller plus loin:
– Yann LeCun quitte Meta pour lancer sa start-up d”IA
– La start-up 1X lance un robot domestique… entièrement contrôlé à distance

