Si les craintes de bulle autour de l’intelligence artificielle générative restent fortes, elles ne se reflètent pas dans les comptes de Nvidia. Entre novembre et janvier, le géant des processeurs graphiques a même enregistré une réaccélération de sa croissance. Son chiffre d’affaires a bondi de 73%, pour atteindre 68 milliards de dollars. Et la dynamique ne faiblit pas: pour le trimestre en cours, il anticipe des ventes de 78 milliards, en hausse de 77% sur un an. Autre signal positif, sa marge brute est repartie à la hausse, tandis que ses profits ont quasiment doublé, à 43 milliards.
Un modèle soutenable ?
“La demande en capacité de calcul croît de manière exponentielle”, assure Jensen Huang. Pour le patron de Nvidia, l’essor de l’IA agentique marque un “point d’inflexion”, alors que l’adoption par les entreprises “explose”. Le dirigeant ne craint pas la concurrence: les GPU Blackwell sont les “rois” de l’inférence. Un leadership que la nouvelle architecture Rubin devrait “renforcer”. Ce constat ne donne toutefois qu’une photographie à court terme. Personne ne doutait de la vigueur des ventes, alors que les grands de l’IA continuent d’investir des centaines de milliards de dollars.
Les doutes portent surtout sur la pérennité de ce modèle. À Wall Street, certains se demandent si l’explosion des investissements est tenable. D’autant que la durée réelle d’utilisation des GPU fait toujours débat. Certes, les avancées technologiques sont incontestables, mais leur adoption dans les entreprises progresse lentement. Et le potentiel des agents d’IA, censés accomplir des tâches de manière autonome, reste à prouver. Les revenus générés par l’IA apparaissent ainsi nettement en retrait par rapport à l’envolée des valorisations.
Pour aller plus loin:
– Les géants de la tech accélèrent encore leurs investissements dans l’IA
– En s’emparant de Groq, Nvidia accélère dans les puces dédiées à l’inférence

