Depuis 2019, Enky réinvente la manière dont les entreprises consomment le mobilier en proposant un modèle basé sur la location plutôt que sur l’achat. Pour financer son parc, la société belge invite particuliers comme professionnels à investir directement dans ses projets. Entretien avec Thomas Virolle, responsable d’Enky Invest.
Enky permet aux entreprises de loueur des meubles. Pourquoi avoir choisi de modèle ?
La plupart des entreprises achètent du mobilier d’entrée ou de milieu de gamme pour limiter leurs dépenses. Au bout de cinq ans, elles doivent s’en débarrasser. C’est un non-sens économique et écologique.
Notre réponse, c’est de proposer du mobilier haut de gamme à la location. L’entreprise équipe ses locaux avec du mobilier design qui dure dans le temps et paye uniquement pour l’usage. Cette offre rencontre un fort succès car elle permet de payer moins cher tout en bénéficiant d’un mobilier de qualité supérieure. De plus, elle préserve sa trésorerie, gagne en flexibilité et améliore le bien-être au travail. Plus de 150 clients louent leur mobilier chaque mois via Enky.
Avec Enky Invest, vous avez fait un choix original pour financer votre croissance: le financement obligataire ouvert au public. Pourquoi ?
Nous aurions pu lever des fonds, mais cela nous aurait contraints à céder une partie de notre capital. Les banques, elles, ne prêtent pas pour acheter du stock. Nous avons donc choisi de faire financer notre activité par une communauté de particuliers. L’investisseur souscrit une obligation dédiée à un projet, à un taux fixe compris entre 6,5% et 9% selon la durée choisie – de 3 à 48 mois –, avec un ticket minimum de 500 euros. Les intérêts sont versés mensuellement, le capital remboursé à terme.
Votre plateforme parle de “capital protégé”. Qu’entendez-vous par là ?
Il existe plusieurs couches de protection. Si un client cesse de payer, nous absorbons le risque sur notre marge: nous continuons de verser les intérêts et de rembourser le capital aux investisseurs. Cela est possible car le mobilier est un actif assez “liquide”: il se replace facilement. Moins de 3% de notre parc est en stock sans être exploité.
Si, dans un scénario catastrophe, c’est Enky qui faisait faillite, les contrats de location et le mobilier lui-même sont juridiquement séparés de notre patrimoine via un contrat de nantissement et les investisseurs sont prioritaires. Ils percevraient alors directement 100% des loyers futurs, puis pourraient ensuite décider de revendre le mobilier. La marge réalisée à l’achat (Enky achète au prix de gros) et l’inflation font que même en vendant en urgence, le prix du mobilier resterait au-dessus du coût d’achat initial.
Quels risques les investisseurs encourent-ils en cas de crise économique majeure ?
Même en période de récession, le mobilier conserve une valeur intrinsèque. Il y aura toujours des entreprises qui ouvrent ou qui ont besoin de s’équiper à moindre coût – et la location devient encore plus attractive en période difficile. Si les bureaux n’en veulent plus, ce mobilier peut rejoindre le résidentiel, le marché de la seconde main, ou être racheté par des acteurs spécialisés. Nous sommes aussi diversifiés sur les bureaux, les hôtels, les restaurants et l’immobilier résidentiel.
Où en est Enky aujourd’hui ?
Nous avons déjà séduit 4.700 investisseurs et collecté plus de 13 millions d’euros depuis le lancement de la plateforme au printemps 2024. Nous avons déjà remboursé 1,4 million d’euros à nos investisseurs.
En 2024 nous avions signé pour 700.000 euros de valeur contrat. En 2025, nous avons atteint 2,4 millions. Pour 2026, nous visons 10 millions. C’est ambitieux, mais les premières semaines de l’année confirment qu’on est sur cette trajectoire. Sur nos 150 clients, 50 ont été signés sur les six derniers mois. Il y a une vraie accélération.
Nous sommes convaincus que dans dix ans, toutes les entreprises loueront leur mobilier. L’acheter n’aura plus aucun sens économique. Nous sommes les mieux positionnés pour conquérir ce marché.
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Enky Invest est accessible à partir de 500 euros seulement. Cafétech vous fait bénéficier d’un crédit allant de 100 à 300 euros en fonction du montant investi.

