Par , publié le 15 avril 2026

À quelques mois du lancement commercial de Leo, son projet d’Internet par satellites, Amazon démontre sa détermination à rivaliser avec la constellation Starlink de SpaceX. Mardi, le géant du commerce en ligne a officialisé la deuxième plus importante acquisition de son histoire, signant un chèque de 11,6 milliards de dollars pour mettre la main sur l’opérateur de satellites Globalstar. L’opération, dont la finalisation est espérée l’an prochain, doit notamment permettre d’étendre la portée de son offre, avec une connectivité directe pour les smartphones.

Ce rachat s’accompagne d’un accord commercial avec Apple. Le groupe à la pomme est en effet l’un des principaux investisseurs de Globalstar: il contrôle 20% du capital, après avoir investi 1,5 milliard de dollars en 2024. Il est surtout son client le plus emblématique: c’est sur ses satellites que repose la fonctionnalité permettant de contacter les secours même sans couverture réseau. Dans un premier temps, Amazon continuera à lui fournir ce service, avant de potentiellement lui proposer des fonctionnalités plus avancées, comme une connexion haut débit dans les zones blanches.

250 satellites opérationnels

Lancé sous le nom de Kuiper, le projet a été rebaptisé Leo l’an passé. Il vise à déployer 3.200 satellites sur une orbite basse, à 600 kilomètres de la Terre – contre 36.000 kilomètres pour les traditionnels satellites géostationnaires. Officiellement, cette constellation doit permettre de connecter à Internet haut débit les régions qui ne le sont pas encore, notamment celles qui sont trop isolées pour rentabiliser la construction d’une infrastructure terrestre. Mais Leo pourrait également, à l’instar de Starlink, concurrencer la fibre optique dans les zones déjà couvertes.

Le projet Leo a accumulé les retards. Les premiers satellites n’ont été lancés que l’an passé. Environ 250 appareils sont désormais opérationnels, encore loin de la flotte de 578 nécessaire pour le lancement commercial. De nouveaux lancements sont prévus dans les prochains mois pour atteindre ce seuil. En revanche, Amazon ne pourra pas tenir l’engagement pris devant la FCC, le régulateur américain des télécoms, de déployer 1.600 satellites avant juillet. En face, la constellation de Starlink dépasse les 10.000 unités. Et le service vient de franchir la barre des 10 millions de clients.

Fréquences mobiles

Les difficultés d’Amazon ont d’abord été industrielles, notamment parce que ses dirigeants ont fait le choix de ne pas sous-traiter la production. Il y a un an, son usine ne fabriquait qu’environ un satellite par jour, cinq fois moins que le rythme de production espéré, rapportait Bloomberg. Autre handicap: contrairement à SpaceX, la société ne dispose pas de ses propres lanceurs pour déployer ses satellites. Elle a longtemps été dépendante des avancées technologiques de ses partenaires, dont Arianespace. Elle reste aujourd’hui tributaire de leur calendrier de lancement.

En rachetant Globalstar, Amazon se félicite d’acquérir une “expertise opérationnelle” dans le déploiement et la gestion d’une flotte de satellites. Surtout, le groupe de Seattle récupère de précieuses fréquences MSS (services mobiles par satellite) au niveau mondial, indispensables à sa future offre dédiée aux smartphones. Celle-ci devrait être lancée en 2028, promet-il. Deux accords ont déjà été signés, avec AT&T aux États-Unis et avec Vodafone en Europe et en Afrique. Dans cette optique, les 24 satellites déjà déployés par Globalstar ne lui seront, en revanche, pas utiles.

Pour aller plus loin:
– Starlink se rapproche de son objectif… et vise le marché du mobile
– Google souhaite déployer des data centers dans l’espace


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