Bruxelles veut empêcher Google de tirer parti de son système Android pour restreindre la concurrence dans les assistants d’intelligence artificielle. La semaine dernière, la Commission européenne a dévoilé une série de propositions visant à garantir que le moteur de recherche n’accorde pas de traitement préférentiel à Gemini, au détriment de ses concurrents comme ChatGPT. Une décision définitive sera prise d’ici la fin du mois de juillet, à l’issue d’une phase de consultation publique. Google, qui dénonce une “intervention injustifiée”, devrait vraisemblablement faire appel.
Mêmes fonctionnalités que Gemini
L’initiative de Bruxelles s’inscrit dans le cadre du Digital Markets Act, une réglementation entrée en vigueur il y a deux ans visant à renforcer la concurrence dans le numérique. Depuis, plusieurs actions ont été engagées contre Google, accusé de ne pas avoir mis en œuvre des changements suffisants pour se mettre en conformité. La question des assistants IA fait, elle, l’objet d’une procédure technique dite de “spécification”, qui ne donne pas lieu à une amende mais permet d’imposer des mesures correctives en l’absence de résolution à l’amiable.
Concrètement, Bruxelles exige que les rivaux de Gemini puissent accéder aux mêmes fonctionnalités d’Android. Par exemple, leur permettre d’exploiter des données au sein d’autres applications comme la messagerie ou l’agenda, ou encore d’interagir avec d’autres applications pour noter un rendez-vous ou envoyer un message. La Commission demande aussi à Google de permettre à ces services d’être lancés par une commande vocale, à l’image du “Hey Google” qui active Gemini. Elle souhaite également que les autres modèles d’IA puissent, eux aussi, tourner en local, sans connexion Internet.
Pour aller plus loin:
– L’Europe veut contraindre Google à partager ses données de recherche avec ses rivaux
– Malgré sa condamnation, Google échappe à une vente forcée de Chrome
