Le principe de “pay or consent” fait des émules. Lundi, TikTok a annoncé le lancement, au Royaume-Uni, d’un abonnement permettant d’utiliser son application sans publicité, suivant la voie ouverte par Meta en 2024. Comme la maison mère de Facebook et Instagram, la plateforme de vidéos courtes cherche ainsi à se conformer au Règlement général sur la protection des données (RGPD) britannique. Elle n’a toutefois pas indiqué si ce modèle serait étendu à l’Union européenne, où la réglementation est comparable mais où les autorités se montrent très critiques à l’égard de cette approche.
Concrètement, les utilisateurs majeurs de TikTok pourront payer 3,99 livres (4,60 euros) par mois pour supprimer les vidéos publicitaires. Ils ne bénéficieront cependant d’aucune fonctionnalité supplémentaire. Ce tarif est légèrement supérieur à celui pratiqué par Meta, qui facture 2,99 ou 3,99 livres pour un compte Facebook ou Instagram, selon que l’abonnement est souscrit depuis son site Internet ou via ses applications mobiles – un écart de prix qui s’explique par les commissions prélevées par Apple et Google. L’entreprise réclame aussi 2 livres pour chaque compte additionnel.
Avis défavorable en Europe
Transposée du RGPD européen à la suite du Brexit, la réglementation britannique impose d’obtenir un consentement “libre et sans ambiguïté” des internautes pour exploiter leurs données personnelles à des fins publicitaires. Comme en Europe, TikTok et Meta ont refusé de mettre en place un tel dispositif, redoutant un rejet d’une grande partie des utilisateurs, ce qui limiterait leur capacité de monétisation. Les deux entreprises ont notamment tenté d’invoquer le principe “d’intérêt légitime”, prévu par le RGPD, avant de basculer vers un modèle d’abonnement payant.
Cette nouvelle parade a reçu un accueil contrasté des deux côtés de la Manche. Au Royaume-Uni, l’Information Commissioner’s Office, l’équivalent britannique de la Cnil, salue d’un “choix équitable” laissé aux utilisateurs. Au sein des Vingt-Sept, le Comité européen de la protection des données a émis un avis défavorable, estimant que “le droit fondamental à la protection des données” ne pouvait pas être transformé en option payante. Contrairement à Meta, TikTok n’a toutefois pas encore été condamné en Europe pour ne pas avoir recueilli le consentement à des fins publicitaires.
Pour aller plus loin:
– L’Europe pourrait imposer des changements radicaux à TikTok
– Face au RGPD, Meta va proposer des publicités “moins personnalisées”

