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Par , publié le 28 juin 2020

Amazon démarre dans la voiture sans conducteur. Vendredi, le géant du commerce en ligne a officialisé le rachat de Zoox, une start-up américaine qui ambitionne de lancer un service de robots taxis. Avec cette acquisition – dont le montant s’élèverait à 1,2 milliard de dollars, selon la presse américaine -, il rejoint Google, Apple, Tesla ou encore General Motors. Le secteur est jugé prometteur, même si le développement de la technologie prend plus de temps qu’espéré. Et il pourrait surtout permettre à Amazon de réaliser d’importantes économies sur ses coûts de livraison.

Véhicule bidirectionnel – Zoox a été fondée en 2014, dans le sillage du projet de Google Car. La société a alors profité de l’enthousiasme des investisseurs pour lever près d’un milliard de dollars, et atteindre une valorisation de 3,2 milliards à l’été 2018. Elle voyait très grand, n’ambitionnant pas seulement de concevoir le système de lidars et de concevoir le système de lidars et les algorithmes de machine learning pour permettre aux voitures de naviguer seules sur la route. Elle souhaitait aussi concevoir son propre véhicule électrique bidirectionnel, sans pédales, ni volant. Et déployer, elle-même, une flotte pour remplacer les taxis et les chauffeurs Uber.

Problèmes de trésorerie – Pour mener à bien leurs ambitieux projets, les dirigeants de Zoox avaient besoin d’un apport permanent de liquidités. Ces derniers mois, ils cherchaient donc à récolter des fonds supplémentaires. En vain. En proie à des problèmes de trésorerie, ils ont dû se résoudre à trouver plutôt un acheteur – et à accepter à un prix bien inférieur à la dernière valorisation de l’entreprise. Car l’euphorie autour des voitures autonomes est retombée alors que les dépenses s’accumulent et que les délais pour que la technologie ne soit opérationnelle ne cessent de s’allonger. L’an passé, une autre start-up, Drive.ai, avait ainsi été sauvée de justesse de la faillite par Apple.

Service de livraison – Dans son communiqué de presse, Amazon mentionne uniquement le service de robots taxis que souhaite lancer Zoox. Certes, ce marché pourrait être important – notamment en se substituant à l’achat d’une voiture individuelle. Mais cette acquisition pourrait également permettre au e-marchand de livrer ses colis. “Les technologies autonomes sont l’extension naturelles des efforts d’Amazon pour bâtir son propre réseau logistique”, soulignent les analystes de Morgan Stanley. L’enjeu est crucial: ses coûts de livraison ne cessent de progresser, en particulier avec l’essor du programme Amazon Prime. L’an passé, la facture s’est chiffrée à 38 milliards de dollars.

20 milliards d’économies par an ? – Les analystes de Morgan Stanley estiment que cette somme pourrait grimper à 90 milliards de dollars en 2023. Pour mieux contrôler ses coûts, tout en étant moins dépendant d’autres acteurs, Amazon multiplie les initiatives: une flotte d’avions cargo aux États-Unis, des milliers de semi-remorques et de camionnettes, ou encore la plateforme Flex, qui utilise des travailleurs indépendants pour déposer les colis chez ses clients. Sans oublier le projet de drones autonomes, Prime Air. Mais avec ses propres voitures sans conducteur, l’entreprise irait encore plus loin: elle pourrait économiser plus de 20 milliards de dollars par an, prédit Morgan Stanley.

 


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