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Par , publié le 11 septembre 2020

Dans la Silicon Valley, entrer en Bourse ressemble parfois davantage à un passage obligé qu’à une réelle volonté. Pour les start-up, jusque-là protégées des pressions court-termistes, un nouveau calendrier s’impose: celui des publications trimestrielles des résultats. Avec le risque de voir son action chuter. C’est à ce problème qu’ambitionne de répondre le Long-Term Stock Exchange (LTSE), une nouvelle place boursière lancée mercredi aux Etats-Unis. Et qui espère séduire les sociétés qui veulent être cotées mais ne souhaitent pas se frotter aux investisseurs et analystes de Wall Street.

Cinq principes – Une fois en Bourse, “les entreprises subissent une énorme pression pour obtenir des résultats sur le court terme au détriment de la création de valeur pour les décennies et les générations futures”, regrette Eric Ries, le fondateur et patron du LTSE. Et de lister les conséquences: “l’innovation prise en otage, des changements abrupts de gouvernance, la difficulté de rester concentré sur ses objectifs”. Les sociétés qui souhaitent intégrer le LTSE doivent adhérer à cinq principes, qui mettent en avant les performances à long terme, les impacts environnementaux et la diversité des équipes dirigeantes. Elles donneront ainsi un signal fort aux potentiels investisseurs.

Prestigieux investisseurs – Eric Ries est une personnalité de la Silicon Valley. D’abord entrepreneur, il a publié en 2011 un livre qui fait référence, Lean startup. C’est dans cet ouvrage à succès qu’il a exposé pour la première fois son idée. Il est soutenu par de prestigieux investisseurs, comme le fonds de capital-risque Andreessen Horowitz, Peter Thiel ou encore Reid Hoffman. Au total, le LTSE a levé 70 millions de dollars. Si des sociétés sont déjà cotées sur la plate-forme, le véritable objectif sera d’attirer des introductions en Bourse. Mais la tâche sera rude face au New York Stock Exchange et au Nasdaq.

Critiques – L’initiative ne convainc cependant pas tout le monde. Les critiques y voient une place boursière inutile, alors que de nombreux exemples d’entreprises ont montré qu’il était possible de réussir sur les marchés tout en privilégiant la stratégie à long terme – le meilleur exemple étant Amazon, qui n’a jamais priorisé les profits et qui est aujourd’hui valorisé à 1.600 milliards de dollars. En outre, le LTSE est accusé de vouloir prolonger la culture de la Silicon Valley, où les fondateurs ont parfois les mains trop libres. Et aussi de vouloir limiter la nécessaire transparence sur les comptes.


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