Apple poursuit en justice le logiciel espion Pegasus

Par , publié le 24 novembre 2021

La situation se complique encore davantage pour NSO Group, l’éditeur israélien du logiciel espion Pegasus, accusé d’avoir infiltré les smartphones de personnalités politiques, journalistes et activistes. Déjà ciblé par des sanctions de Washington, il est désormais attaqué par Apple devant la justice américaine. Le groupe à la pomme lui reproche d’avoir espionné des utilisateurs d’iPhone, en exploitant une faille de sécurité de l’application iMessage – qu’Apple assure avoir corrigée. Il réclame l’interdiction du logiciel sur ses services et ses appareils. Cette procédure s’ajoute à celle lancée en 2019 par Facebook, qui vient d’être autorisée à se poursuivre par une Cour d’appel.

Zéro clic – Le logiciel Pegasus est particulièrement sophistiqué. Une fois installé sur un smartphone, il peut intercepter les conversations téléphoniques, les messages et les photos. Il peut également servir de mouchard, capable d’écouter ce qui se passe autour. Surtout, il est “zéro clic”, c’est-à-dire qu’il n’est pas nécessaire que l’utilisateur clique sur un lien. Pegasus peut ainsi infester un appareil simplement par l’envoi d’un message sur WhatsApp ou iMessage. Considéré comme un équipement militaire, son exportation à l’étranger est soumise à l’aval du ministère de la Défense israélien. Un garde-fou qui empêcherait les abus, assure NSO Group.

Liste noire – Cet été, un consortium de médias internationaux avait cependant livré une autre réalité. Leur enquête avait montré que Pegasus avait été utilisé pour espionner des opposants politiques, des journalistes ou des militants des droits de l’homme. Au moins cinq ministres français auraient été touchés. Le numéro de téléphone portable d’Emmanuel Macron figurait par ailleurs sur une liste de numéros potentiellement ciblés. Début novembre, NSO a été placé sur la liste noire du département du Commerce américain, qui l’empêche d’acheter, sauf dérogation, des technologies ou des services américains. Un coup de massue à sa crédibilité internationale.

Défaut de paiement – Washington remet en effet sévèrement en cause le discours officiel de NSO, qui assure que son outil n’est utilisé que pour lutter contre le terrorisme et le crime organisé. Si l’impact sur sa capacité à opérer reste encore difficile à déterminer, cette sanction pénalise grandement ses efforts commerciaux aux Etats-Unis, mais aussi à l’étranger. La société, qui a fait appel, aurait depuis demandé l’aide du gouvernement israélien. Sans succès. En attendant, sa situation financière se dégrade rapidement, prévient l’agence de notation Moody’s. Endettée à hauteur de 500 millions de dollars, la société risque désormais le défaut de paiement.

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