L’espace, nouvelle frontière de la French Tech

Par , publié le 22 avril 2022

Un véhicule spatial pour placer des satellites sur orbite, une voile solaire pour explorer l’espace, des biodômes pour cultiver des plantes sur Mars ou encore une constellation de nanosatellites pour observer la Terre… Elles s’appellent Exotrail, Gama, Interstellar Lab et Prométhée. Ces start-up, qui ont fait parler d’elles ces dernières semaines, illustrent le dynamisme du “New Space” français, lui qui a longtemps tardé à s’engouffrer dans la porte grande ouverte par le géant américain SpaceX. Si la route reste encore longue, les acteurs tricolores peuvent désormais espérer décrocher les financements nécessaires à leurs projets, mais aussi d’indispensables commandes publiques.

Savoir-faire – Le terme “New Space” désigne tous ces nouveaux acteurs privés partis à la conquête de l’espace. Le secteur est bien sûr porté par l’éclatant succès de SpaceX, la société spatiale d’Elon Musk. Il profite aussi des avancées technologiques, qui ont fait chuter les barrières à l’entrée. “Tous ceux qui voulaient faire du spatial peuvent désormais le faire”, souligne Christelle Astorg-Lepine, directrice du programme Blast au sein de l’incubateur spécialisé Starburst. En France, le secteur regroupe une vingtaine de start-up, dont l’immense majorité compte à peine quelques dizaines d’employés. Elles recrutent notamment chez Arianespace ou au Cnes, s’appuyant ainsi sur un savoir-faire reconnu.

Levée de fonds – L’écosystème français ne compte encore aucune licorne. Et seule Kineis, qui ambitionne de déployer une constellation de satellites dédiée à l’Internet des objets, a déjà mené une méga-levée de fonds. Le financement du “New Space” reste encore difficile, même si la situation s’est fortement améliorée. “Les start-up sont désormais capables de lever une dizaine de millions, note Christelle Astorg-Lepine. Cela devient plus compliqué lorsque les montants approchent la centaine de millions”. Pour franchir ce palier, des investisseurs privés devront prendre le relais des financements publics, apportés en particulier par Bpifrance. Starbust ambitionne ainsi de monter un fonds doté de 300 millions d’euros.

Commande publique – Le secteur a aussi longtemps souffert d’un choix stratégique: celui de privilégier Arianespace. “Pendant dix ans, personne n’a pu se financer”, regrette un observateur. Mais les succès de SpaceX “ont secoué les mentalités”. Reste que le groupe américain a profité d’un important soutien gouvernemental, par l’intermédiaire de commandes publiques. C’est de cette manière qu’il a financé en grande partie sa capsule Crew Dragon. En France, le nouveau patron du Cnes se dit désormais prêt à avoir recours aux start-up du New Space. Dans son plan “France 2030”, le gouvernement a d’ailleurs fléché plusieurs centaines de millions d’euros vers ces sociétés, notamment pour se doter de mini-lanceurs réutilisables et d’une constellation de satellites.

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