Yubo, le réseau social qui n’aime pas les likes

Par , publié le 9 juin 2022

Pas de likes, ni de followers. D’emblée, Yubo se distingue des autres plateformes sociales, qui peuvent parfois se transformer en concours de popularité. L’application française, elle, “répond à un besoin fondamental de la génération Z (les moins de 25 ans, ndlr): sociabiliser dans le monde numérique de la même manière qu’elle noue des amitiés dans la vie réelle”, assure Sacha Lazimi, son patron et fondateur. Yubo leur promet ainsi de se faire de nouveaux amis, par l’intermédiaire de salons vidéo et d’un système de rencontres à la Tinder. Elle revendique désormais 60 millions d’inscrits, contre 40 millions fin 2020. Mais elle ne communique pas en revanche le nombre d’utilisateurs actifs.

Swipe vers la droite – Lancée en 2015, la start-up s’appelle d’abord Yellow. Sa première version permet de rencontrer de nouvelles personnes sur Snapchat, en reprenant le concept de Tinder. Des profils sont présentés aux utilisateurs, un swipe (balayage de l’écran) vers la droite permet d’indiquer son intérêt. Si deux personnes souhaitent mutuellement devenir amies, elles reçoivent un message. Cette fonctionnalité a été conservée dans Yubo, mais n’est plus liée à Snapchat. La nouvelle application insiste davantage sur les salons vidéo, qui peuvent être regardés par tous. Ces derniers s’affichent à l’ouverture, sélectionnés par un algorithme en fonction des amis présents et des centres d’intérêt. Dans l’immense majorité des cas, ces groupes n’attirent qu’une poignée de curieux.

Pas de publicité – Au-delà de son concept, Yubo se distingue également par son modèle économique. Celui-ci ne repose pas sur la publicité mais sur des achats in-app. “Vous ne devriez pas avoir à vendre vos données personnelles pour profiter d’une plateforme sociale”, justifie Sacha Lazimi. Pour monétiser son audience, la start-up française dispose de deux leviers. D’abord, une collection de badges numériques que les utilisateurs peuvent s’offrir. Ensuite, des “pouvoirs” qui permettent de donner davantage de visibilité à ses salons vidéo ou à son profil. L’application dispose d’une monnaie virtuelle, qui s’achète pour quelques euros. Elle propose aussi un abonnement, vendu 10 euros par mois. L’an passé, Yubo a réalisé un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros.

Dérives – Fin 2020, l’application a levé 47,5 millions de dollars pour poursuivre son développement. Elle espère renforcer sa présence dans les pays anglo-saxons, où se trouvent la majorité de ses utilisateurs. Elle vise aussi les marchés asiatiques, sur lesquels elle est peu présente. Yubo promet d’ajouter de nouvelles fonctionnalités. La start-up française devra, par ailleurs, mettre davantage l’accent sur la modération des contenus, alors que de nombreuses dérives ont été constatées. Le mois dernier, elle a ajouté une nouvelle méthode de vérification de l’âge pour mieux protéger les mineurs. Elle assure également utiliser l’intelligence artificielle pour surveiller les salons vidéo, par exemple pour détecter la nudité.

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Comme de nombreuses sociétés tech, Yubo utilise Google Cloud pour développer son activité. En savoir plus

 

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