Par , publié le 25 novembre 2025

Comme un symbole des promesses non tenues, la 5G a fêté la semaine dernière son cinquième anniversaire en France dans une quasi-indifférence générale. Un contraste saisissant avec l’enthousiasme qui avait accompagné le lancement, fin 2020, de cette nouvelle génération d’Internet mobile. Plus rapide, plus réactive, plus dense… La 5G était censée révolutionner les usages, aussi bien chez les particuliers que dans les entreprises. Elle devait également représenter une manne financière pour les opérateurs télécoms.

Cinq ans plus tard, force est de constater que la réalité est très éloignée du scénario annoncé. Les nouveaux services promis au grand public, comme la réalité augmentée ou le cloud gaming, ne se sont jamais matérialisés. Le déploiement de réseaux privés, censés offrir davantage de sécurité et de fiabilité aux entreprises, demeure marginal. Et les opérateurs n’ont jamais réussi à imposer les hausses de prix qui leur auraient permis de véritablement rentabiliser les investissements colossaux engagés pour moderniser leurs infrastructures.

Gain imperceptible

Côté consommateurs, le principal écueil de la 5G tient à sa proposition de valeur. Les opérateurs ont essentiellement centré leur stratégie marketing autour d’une connexion bien plus rapide, mais ce gain reste quasiment imperceptible pour l’immense majorité des usages quotidiens. Il n’y a donc pas eu de véritable rupture, là où la 3G avait ouvert l’ère de la navigation Internet mobile et la 4G avait démocratisé la consommation de vidéo. La transition s’est ainsi opérée bien plus lentement, particulièrement en Europe.

Selon l’Arcep, le régulateur français des télécoms, 28,4 millions de cartes SIM étaient actives sur le réseau 5G avant l’été. C’est certes dix millions de plus qu’un an plus tôt, mais cela ne représente qu’un tiers du parc total. Surtout, le prix moyen des forfaits n’a pas évolué en cinq ans. La transition est plus rapide ailleurs en Europe, avec 55% d’abonnements 5G, d’après l’équipementier réseau Ericsson. Ce pourcentage grimpe même à 85% aux États-Unis, où les grands opérateurs ne proposent plus d’offres limitées à la 4G.

Bientôt la “vraie” 5G

Côté entreprises, l’Arcep ne recense qu’une centaine de réseaux privés en France, principalement dans l’industrie et la logistique. Mais la plupart en sont encore au stade d’expérimentation. Leur nombre est aussi faible dans presque tous les pays, à l’exception notamment de la Chine. Sur le papier, la 5G privée permet de bénéficier d’une infrastructure dédiée, indépendante du réseau public, offrant un débit plus élevé, une latence réduite et un niveau de sécurité renforcé. Mais le coût des équipements constitue un frein majeur à son adoption.

Pour relancer la dynamique, le secteur mise désormais sur la 5G SA – pour standalone (ou autonome). Aussi appelée commercialement 5G+, elle est présentée comme la “vraie” 5G. Contrairement à la première génération, elle repose exclusivement sur des antennes 3,5 GHz, offrant les meilleures performances, et ne s’appuie plus sur des équipements hérités de la 4G. En France, son déploiement avance progressivement, tant en matière de couverture que d’offres commerciales. À court terme, son intérêt semble encore limité pour le grand public.

Réalité augmentée

La 5G SA pourrait toutefois bénéficier d’un coup de pouce: l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle générative. Aux États-Unis, l’opérateur Verizon promet déjà des réseaux privés capables d’absorber des charges de travail liées à l’IA. L’arrivée attendue des lunettes de réalité augmentée pourrait aussi changer la donne. Longtemps annoncée, cette nouvelle génération d’appareils semble enfin se concrétiser. Meta pourrait lancer un premier modèle dès 2027 et d’autres acteurs travaillent eux aussi sur des projets similaires.

L’intérêt autour de ces lunettes est dopé par l’IA générative, qui permet de les doter d’un assistant vocal et visuel. Bien que limités, les modèles Meta Ray-Ban rencontrent ainsi un succès commercial inattendu. Pour l’heure, ces appareils restent reliés à un smartphone, dont ils utilisent la connexion Internet. Mais à terme, ils fonctionneront de manière autonome et devront s’appuyer, assure l’industrie, sur le réseau 5G SA, afin de bénéficier du débit et de la faible latence nécessaires pour garantir une expérience fluide.

Pour aller plus loin:
En Finlande, la 6G est déjà en route
– Nokia, symbole des promesses non tenues de la 5G


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