Par , publié le 2 avril 2026

Deux mois après son improbable fusion avec xAI, SpaceX franchit une nouvelle étape. Mercredi, la société spatiale dirigée par Elon Musk a lancé son processus d’introduction en Bourse. Cette opération, qui pourrait intervenir au mois de juin, pourrait lui permettre de récolter 75 milliards de dollars, destinés notamment à financer le déploiement de data centers dans l’espace pour y entraîner et faire tourner des modèles d’intelligence artificielle générative. Ce montant représenterait un record, tout comme la capitalisation boursière espérée de 1.750 milliards.

SpaceX a révolutionné le marché des lanceurs, notamment grâce à ses fusées réutilisables. L’entreprise a aussi imposé sa constellation de satellites Starlink, qui fournit un accès haut débit à Internet. En trois ans, son chiffre d’affaires a été multiplié par dix, pour atteindre 15 milliards de dollars. Il devrait se situer entre 22 et 24 milliards cette année, rapporte Bloomberg. D’après Reuters, son résultat opérationnel était de 8 milliards. Ses perspectives restent porteuses: le nombre d’abonnés à Starlink croît rapidement et le marché de l’Internet mobile pourrait bientôt s’ouvrir.

Data centers “catapultés” depuis la Lune

Désormais, SpaceX doit également servir les grandes ambitions d’Elon Musk dans l’IA, comme en témoigne le rapprochement avec xAI. Cette opération semble destinée à doter la start-up de moyens financiers nécessaires pour rivaliser avec OpenAI, Google et Anthropic. Connue pour son chatbot Grok directement intégré à X, l’ex-Twitter, elle génère encore peu de chiffre d’affaires, tout en poursuivant un vaste programme d’investissements. Elle affiche donc des pertes abyssales, d’environ un milliard de dollars par mois, que les fusées et satellites de SpaceX combleront en partie.

Ces nouvelles priorités se reflètent dans la feuille de route. Officialisé en février, le projet de data centers spatiaux vise à contourner les limites terrestres de la production d’électricité. “Le seul moyen de passer à l’échelle”, assure Elon Musk. Dans cette optique, SpaceX a sollicité auprès des autorités américaines l’autorisation de déployer jusqu’à un million de satellites, qui seraient à terme fabriqués puis “catapultés” depuis la Lune. Son patron souhaite aussi que l’entreprise conçoive et produise, en partenariat avec Tesla, les cartes graphiques qui seront placées en orbite.

Vendre une vision de l’avenir

En vue de la prochaine introduction en Bourse, la fusion avec xAI apparaît toutefois à double tranchant. D’un côté, elle pourrait contribuer à justifier une capitalisation record, en ajoutant une autre activité prometteuse dans le portefeuille et en suscitant l’intérêt des investisseurs désireux de miser sur l’essor de l’IA générative – d’autant plus que l’opération devrait intervenir avant les débuts boursiers d’OpenAI et d’Anthropic. De l’autre, elle risque de peser très lourd sur le bilan financier de la société, en raison des pertes considérables enregistrées par xAI.

Le défi d’Elon Musk sera avant tout de vendre aux investisseurs une vision de l’avenir, comme il l’a fait avec Tesla. À Wall Street, l’évolution de l’action du constructeur de voitures électriques n’est plus corrélée avec ses performances commerciales. Elle dépend presque uniquement de deux projets: le robot-taxi Cybercab et le robot humanoïde Optimus. De la même manière, la capitalisation espérée de SpaceX ne pourra se justifier uniquement avec le niveau du chiffre d’affaires. Elle reposera sur le potentiel de l’IA, et par extension des data centers spatiaux et de l’usine de puces.

Pour aller plus loin:
– Terafab, le projet (irréalisable ?) d’Elon Musk pour produire ses propres puces d’IA
– L’improbable fusion entre SpaceX et xAI, la start-up d’IA d’Elon Musk


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