Par , publié le 19 mai 2026

Initialement pas invité, Jensen Huang a finalement pris part in extremis à la visite officielle de Donald Trump en Chine. Un déplacement qui n’a toutefois débouché sur aucune avancée concrète pour le patron de Nvidia, qui espère toujours que Pékin autorise les entreprises chinoises à acheter ses cartes graphiques (GPU) dédiées à l’intelligence artificielle générative. “Ils n’en veulent pas, ils souhaitent concevoir leurs propres puces”, a reconnu le président américain, précisant avoir évoqué le sujet avec son homologue Xi Jinping.

Cette déclaration tranche avec l’optimisme affiché en mars par Jensen Huang. Le dirigeant annonçait alors la relance de la production des GPU H200, dont l’exportation vers la Chine avait été autorisée fin 2025 par Washington. Mais les autorités chinoises bloquent ses cartes graphiques, longtemps considérées comme indispensables pour entraîner et faire tourner des modèles d’IA. Une interdiction qui traduit la volonté de favoriser les alternatives conçues par Huawei, Alibaba ou Baidu, désormais jugées suffisamment performantes pour prendre le relais des puces de Nvidia.

Spectaculaire retournement de situation

Après des mois de lobbying intensif, Nvidia pensait pourtant avoir franchi l’obstacle le plus difficile: convaincre l’administration Trump, qui avait durci les restrictions d’exportation au printemps 2025. Le groupe de Santa Clara avait obtenu l’autorisation de vendre ses H200, lancées il y a deux ans mais encore très compétitives, à des acheteurs chinois “approuvés” par Washington. Il avait même accepté un arrangement financier inédit: reverser 25% du chiffre d’affaires réalisé en Chine au gouvernement américain. Confiants, ses dirigeants anticipaient une demande d’un million de GPU.

Nvidia estimait en effet que l’écart de performance entre les H200 et les puces chinoises était trop important pour être ignoré. La décision de Pékin constitue un retournement de situation spectaculaire. Dans cette bataille géopolitique, les États-Unis pensaient avoir toutes les cartes en main: au gré des restrictions et des licences d’exportation, ils décidaient quelles puces d’IA pouvaient être vendues aux entreprises chinoises. C’est désormais la Chine qui refuse de les acheter… et Washington qui s’offusque de perdre l’accès à ce marché colossal.

Pour aller plus loin:
– Pourquoi la Chine ne veut plus acheter les puces IA de Nvidia
– Pourquoi Huawei minimise ses progrès dans les puces d’IA


No Comments Yet

Comments are closed

Contactez-nous  –  Politique de confidentialité