Par , publié le 20 mai 2026

Dans l’intelligence artificielle générative, les choses vont vite, très vite. Fin novembre, beaucoup estimaient que Google avait non seulement comblé son retard sur OpenAI, mais qu’il avait même pris l’avantage sur le concepteur de ChatGPT, suite au lancement de la troisième version de son grand modèle de langage Gemini. À peine six mois plus tard, le géant de Mountain View doit désormais démontrer qu’il n’est pas de nouveau distancé, notamment sur le terrain des outils de génération de code informatique, devenu le nouveau champ de bataille des grands acteurs du secteur.

En dévoilant mardi, en ouverture de sa grande conférence annuelle I/O, la dernière version de Gemini, Google a insisté sur ses performances en matière de code, annoncées comme comparables à celles des outils proposés par Anthropic et OpenAI. Le moteur de recherche a également présenté de nouvelles fonctionnalités dédiées au déploiement d’agents d’IA, capables d’automatiser un nombre croissant de tâches, ainsi qu’une plateforme similaire à OpenClaw, un agent personnel capable de tourner en continu – dont le fondateur a été débauché en février par OpenAI.

Succès des outils de code

Ces annonces symbolisent les nouvelles priorités du marché. Au-delà des chatbots grand public ou des assistants déployés dans les entreprises, les outils de programmation constituent désormais le véritable moteur de croissance. Lancé l’an passé, Claude Code d’Anthropic a connu une ascension fulgurante, dépassant un milliard de dollars de revenus annualisés en seulement six mois – du jamais vu. En février, son chiffre d’affaires s’élevait à 2,5 milliards. Il est probablement aujourd’hui bien supérieur. Dans son sillage, OpenAI revendique aussi une forte adoption de son outil Codex.

Face à cette déferlante, Google reste en retrait. Non seulement les précédentes versions de Gemini ne tenaient pas la comparaison, mais le groupe souffre également de l’absence d’une plateforme unifiée dédiée au code. Si le premier point faible semble avoir été résolu, le second demeure. Pour rattraper son retard, Google a notamment dépensé 2,4 milliards de dollars l’an passé pour racheter Windsurf, une start-up spécialisée dans le domaine, un temps convoitée par OpenAI. En interne, une nouvelle équipe a aussi été mise en place au sein de son laboratoire DeepMind.

Barre de recherche “réinventée”

Parallèlement, Google a dévoilé une intégration encore plus poussée de l’IA au sein de son moteur. Cela passe notamment par une “réinvention” de la barre de recherche, qui se rapproche de plus en plus de l’interface d’un chatbot. Celle-ci permettra de formuler des requêtes plus longues et d’ajouter des documents ou des photos. Il sera par ailleurs possible de poser des questions de suivi directement depuis la page des résultats. Et aussi de créer des “agents de recherche”, capables de scruter en continu le web pour envoyer des notifications en fonction des informations trouvées.

Pris de court par le spectaculaire succès de ChatGPT, Google a pris son temps pour ajouter de l’IA à son produit phare. Il y a deux ans, le moteur a d’abord intégré des réponses générées par Gemini au-dessus des traditionnels liens. L’an passé, il a ajouté un onglet permettant d’ouvrir une interface conversationnelle. Malgré l’émergence de nouveaux canaux d’accès à l’information, l’IA n’a pas encore eu d’impact négatif sur les recettes publicitaires issues des liens sponsorisés. Mais Google n’a pas encore détaillé comment il compte compenser, à terme, la baisse inéluctable du nombre de clics.

Pour aller plus loin:
– Avec ses derniers modèles d’IA, Google démontre ses progrès dans les puces
– Portée par une croissance fulgurante, Anthropic détrône OpenAI


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