Meta ne s’en cache pas. Les 8.000 salariés licenciés mercredi sont victimes de l’intelligence artificielle. Non pas parce que leurs postes auraient été automatisés ou rendus obsolètes par les progrès technologiques, mais parce que la maison mère de Facebook et d’Instagram consacre des sommes considérables dans le développement de modèles d’IA et l’expansion massive de ses capacités de calcul. Ces suppressions de postes “permettent de compenser nos autres investissements”, reconnaissait fin avril Janelle Gale, directrice des ressources humaines du groupe.
Ce nouveau plan social concerne près de 10% des effectifs. Il s’accompagne de l’abandon de 6.000 recrutements initialement prévus et du redéploiement de 7.000 salariés vers des projets liés aux applications et aux agents d’IA. En 2023, “l’année de l’efficacité”, décrétée par Mark Zuckerberg après le premier repli historique du chiffre d’affaires, s’était déjà traduite par 20.000 suppressions de postes. Depuis, Meta a poursuivi ses coupes à un rythme régulier, licenciant encore 1.500 personnes en début d’année dans ses équipes dédiées au métavers, un projet désormais quasiment abandonné.
Jusqu’à 145 milliards investis en 2026
Engagé dans une course contre la montre pour ne pas rater ce que Mark Zuckerberg considère comme “la technologie la plus importante de l’histoire”, Meta s’est lancé dans une frénésie d’investissements, quitte à “mal dépenser quelques centaines de milliards de dollars”. En 2025, ses dépenses en capital ont quasiment doublé pour construire des data centers et acheter des cartes graphiques. À 72 milliards de dollars, elles ont même dépassé les liquidités générées par les activités. Et la facture va encore s’alourdir cette année: l’entreprise prévoit d’investir entre 125 et 145 milliards.
Pour financer cette stratégie, Meta a déjà levé 55 milliards de dollars sur le marché obligataire au cours des six derniers mois. Une situation qui commence à inquiéter Wall Street, d’autant que le groupe n’a toujours pas démontré sa capacité à monétiser, et encore moins à rentabiliser, ces investissements colossaux. Dans ce contexte, il cherche à envoyer des signaux aux marchés, en affichant sa volonté de réduire ses coûts. Meta n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Microsoft, Amazon ou encore Oracle ont également mené des plans sociaux pour absorber en partie leurs investissements dans l’IA.
Pour aller plus loin:
– Les géants de la tech accélèrent encore leurs investissements dans l’IA
– Malgré des milliards investis dans l’IA, Meta navigue toujours à vue

