Par , publié le 26 mai 2026

Voilà qui éclaire les réticences de Sarah Friar, la directrice financière d’OpenAI, qui plaide – probablement en vain – pour un report de l’introduction en Bourse. Au premier trimestre, le concepteur de ChatGPT a essuyé de lourdes pertes opérationnelles, d’environ sept milliards de dollars, selon des chiffres obtenus par The Information. Un déficit supérieur à son chiffre d’affaires, qui s’est établi à 5,7 milliards sur la période. Autrement dit, la société a dépensé 2,22 dollars, en particulier en puissance de calcul, pour chaque dollar de revenus générés par ses offres payantes.

La publicité, solution miracle ?

La différence spectaculaire avec Anthropic, qui devrait enregistrer ses premiers profits au deuxième trimestre, s’explique en grande partie par la composition de l’audience des deux rivaux. L’éditeur de Claude est principalement prisé par des entreprises ou des professionnels, qui ont souscrit à des abonnements ou paient l’utilisation d’API (interface de programmation). À l’inverse, OpenAI est très populaire auprès du grand public, avec plus de 920 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Mais seulement 55 millions sont payants. Les autres ne lui rapportent rien.

Longtemps revendiqué par Sam Altman, ce modèle affiche désormais ses limites. Le taux de conversion vers les abonnements reste faible, alors que la version gratuite suffit à la plupart des utilisateurs. La société s’attend par ailleurs à une migration massive vers son offre Go, proposée à 8 euros par mois contre 23 euros pour l’abonnement standard. Pour résoudre cette double équation, elle mise sur la publicité. Après l’intégration de premières annonces aux États-Unis, OpenAI estime pouvoir générer 100 milliards de dollars de recettes en 2030. Un objectif très ambitieux, voire irréaliste.

Pour aller plus loin:
– Les ambitieux (et irréalistes ?) objectifs d’OpenAI dans la publicité
– Pourquoi OpenAI abandonne déjà Sora, son application vidéo


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