Xiaomi est une victime collatérale de l’intelligence artificielle générative. Mardi, le fabricant de smartphones a fait état de performances financières en nette baisse au premier trimestre, marquées par un fort repli de ses ventes et une chute encore plus prononcée de ses profits. Comme les autres marques chinoises du secteur – qui ne publient pas leurs résultats car elles ne sont pas cotées en Bourse –, il subit la flambée des prix des puces mémoire, alimentée par un déficit de production lié à la demande croissante pour les infrastructures dédiées à l’IA.
Le plus dur à venir ?
Xiaomi n’a distribué que 33,8 millions de smartphones, soit 8 millions de moins qu’un an plus tôt. Un recul que le groupe attribue à une “optimisation” de son offre, se traduisant par une réduction volontaire des livraisons d’appareils d’entrée et de milieu de gamme, devenus insuffisamment rentables. Conséquence: son chiffre d’affaires a reculé de 11%. Son bénéfice opérationnel, lui, a plongé de 60% sur le trimestre, pénalisé par l’érosion de ses marges sur les smartphones, malgré une hausse de 8% du prix de vente moyen, ainsi que par ses investissements dans la voiture électrique.
Le plus dur reste peut-être à venir pour Xiaomi car l’inflation des prix des puces DRAM et NAND ne faiblit pas, au-delà des 50% par trimestre. Par ailleurs, les contrats d’approvisionnement sont généralement signés plusieurs mois à l’avance à prix fixe, ce qui décale d’autant la répercussion réelle sur les coûts des fabricants. De fait, le cabinet IDC anticipe une contraction encore plus marquée des ventes au cours des prochains mois. Après avoir reculé de 4,1% au premier trimestre, celles-ci pourraient chuter de 12,9% sur l’ensemble de l’année, du jamais vu.
Pour aller plus loin:
– Victimes collatérales de l’IA, les ventes de smartphones replongent
– Profits record mais pertes dans les smartphones, les deux visages de Samsung face à l’IA

