Par , publié le 10 juin 2026

Chez OpenAI, une “super-app” peut en cacher une autre. L’automne dernier, le concepteur de ChatGPT s’était engagé sur les traces de WeChat, la plateforme chinoise de messagerie qui a popularisé le concept de mini-apps. L’idée était alors simple: ouvrir son chatbot vedette à des services tiers – Spotify, Booking et Expedia figuraient parmi les premiers partenaires annoncés –, afin d’en faire un point d’entrée central de la vie numérique des utilisateurs. Et ainsi de renforcer son caractère incontournable face à la concurrence. Une vision qui ne s’est jamais véritablement concrétisée.

Huit mois plus tard, OpenAI s’apprête à lancer une nouvelle “super-app”, rapporte le Financial Times, confirmant des informations déjà évoquées en mars. Symbole des bouleversements à l’œuvre sur le marché de l’intelligence artificielle générative, celle-ci combinerait l’interface conversationnelle de ChatGPT avec des outils de génération de code et des agents d’IA. Deux axes désormais stratégiques, censés soutenir la croissance du chiffre d’affaires, alors que la progression du nombre d’utilisateurs ralentit et que le taux de conversion vers les offres payantes demeure limité.

Agents personnels

La future “super-app” d’OpenAI doit marquer le début d’un changement de paradigme. “Les chatbots, c’est fini”, affirme un employé cité par le quotidien britannique. Le pionnier du secteur estime que l’IA est en train de basculer vers des agents personnels, capables d’exécuter en continu des tâches de manière autonome, à l’image du phénomène OpenClaw, dont il a recruté le fondateur. L’accès à cette technologie reste limité, car son installation et sa configuration requièrent des compétences techniques. Google et Microsoft viennent néanmoins de présenter des agents destinés au grand public.

Leader incontesté sur le segment grand public, avec près d’un milliard d’utilisateurs actifs par semaine, OpenAI ambitionne désormais de “mettre les capacités des agents IA à la portée de tous”, expliquait en mars Fidji Simo, sa codirectrice générale – qui a depuis pris temporairement du recul pour des raisons de santé –, dans un mémo interne révélé par le Wall Street Journal. En intégrant ces nouveaux agents directement à ChatGPT, la dirigeante française estime pouvoir capitaliser sur son immense audience et sur son image de marque afin de se placer au cœur de cette nouvelle révolution.

Accélérer l’adoption de Codex

En attendant, la “super-app” doit aussi donner un coup de pouce à Codex, l’outil de programmation conçu pour rivaliser avec Claude Code d’Anthropic. OpenAI revendique une forte adoption, avec une base d’utilisateurs multipliée par six depuis le lancement d’une application dédiée pour ordinateur en février. En avril, l’entreprise a ajouté de nouvelles fonctionnalités agentiques pour étendre son champ d’action. “Codex devient un outil de productivité pour tous”, assure-t-elle, citant notamment des usages liés à la rédaction de rapports, à l’analyse de données ou à l’automatisation de tâches.

En combinant Codex avec ChatGPT, OpenAI espère mettre en avant ses nouvelles capacités auprès du grand public. Et ainsi convaincre une partie de ses utilisateurs gratuits à passer à un abonnement payant. Symbole de cette ambition, l’entreprise a placé ses deux plateformes sous la direction d’un même responsable. Parallèlement, elle a abandonné plusieurs projets annexes, comme son modèle vidéo et son réseau social Sora, afin de concentrer ses ressources sur ses nouvelles priorités, signant ainsi la fin d’une stratégie consistant, selon Fidji Simo, “à tout faire en même temps”.

Pour aller plus loin:
– Malgré la croissance de son chiffre d’affaires, OpenAI affiche toujours de lourdes pertes
– Pourquoi OpenAI abandonne déjà Sora, son application vidéo


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