Par , publié le 17 juin 2026

Evan Spiegel voulait à tout prix être le premier à commercialiser de véritables lunettes de réalité augmentée. Mardi, Snap a dévoilé un premier modèle grand public, baptisé Specs, dont le lancement est prévu à l’automne. “Une étape importante pour rendre l’informatique plus humaine, en la faisant sortir des écrans pour l’intégrer au monde réel”, se félicite le patron de la maison mère de Snapchat. Avec un prix prohibitif – 2.295 euros en France –, le potentiel commercial sera très limité. Mais l’objectif est ailleurs: poser les premiers jalons sur un marché jugé prometteur.

Contrairement aux dernières lunettes dotées d’un écran de Meta, les Specs sont capables de superposer des éléments numériques au monde réel. Elles permettent ainsi de regarder des vidéos, consulter des messages ou encore jouer à des jeux vidéo. Cette technologie fait rêver les géants technologiques depuis de nombreuses années, mais elle enchaîne jusqu’à présent les échecs commerciaux. L’appareil marque néanmoins une rupture: c’est la première fois que la réalité augmentée est intégrée à une parie de lunettes plutôt qu’à un casque, sans boîtier externe ni connexion filaire.

Quelles applications ?

Les Specs affichent toutefois de nombreuses limites. Certes, leur design a été nettement amélioré par rapport au dernier prototype présenté en 2024, mais il reste encore éloigné d’une monture classique. L’autonomie ne dépasse pas les quatre heures et le champ de vision demeure relativement réduit. Si l’appareil embarque bien un assistant d’intelligence artificielle, fonctionnalité plébiscitée par les possesseurs de lunettes connectées, la question des applications reste entière. Tant leur nombre que leur capacité à justifier un tel prix demeurent incertains.

En 2021, Evan Spiegel reconnaissait lui-même qu’il “faudra probablement une décennie de plus pour proposer un produit véritablement grand public”. En attendant, Snap entend occuper le terrain face au projet Orion de Meta. Cette première génération pourrait aussi lui permettre d’attirer des investisseurs. En avril, la société a en effet placé le projet dans une filiale, dotée d’une plus grande autonomie et susceptible d’ouvrir son capital. Un tel soutien financier ne serait pas superflu car sa marge de manœuvre est faible: quinze ans après sa création, Snap n’est toujours pas rentable.

Pour aller plus loin:
– Meta dévoile ses premières lunettes équipées d’un écran
– Apple délaisse le Vision Pro pour miser sur les lunettes connectées


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