Trois semaines après leur suspension, les modèles Mythos 5 et Fable 5 sont de nouveau accessibles. Mardi, le gouvernement américain a levé les restrictions imposées pour des raisons de sécurité aux derniers systèmes d’intelligence artificielle générative développés par Anthropic. La société explique avoir renforcé ses garde-fous destinés à prévenir tout usage malveillant, notamment pour identifier et exploiter des failles informatiques. Elle appelle désormais à la mise en place d’un cadre commun d’évaluation des risques, en amont du déploiement des modèles les plus avancées.
Dévoilé en avril, Mythos avait été présenté par Anthropic comme trop dangereux pour être mis à la disposition de tous. Seul un cercle restreint d’entreprises et d’institutions, essentiellement américaines, y avait donc accès, afin de les aider à détecter des vulnérabilités jusque-là inconnues dans leurs logiciels. Début juin, la version grand public Fable, aux capacités bridées, avait été lancée. Avant d’être désactivée quelque jours plus tard, suite à une injonction du gouvernement américain interdisant son utilisation par tout ressortissant étranger, y compris sur le sol américain.
Besoin de règles claires
Pour justifier ces restrictions, l’administration Trump invoquait des impératifs de sécurité nationale: des chercheurs d’Amazon affirmaient avoir réussi à contourner les garde-fous mis en place par Anthropic. Des conclusions rejetées par la start-up, qui assurait alors qu’aucune “faille universelle”, permettant d’utiliser Mythos dans des attaques informatiques, n’avait été identifiée. Elle évoquait simplement une vulnérabilité “bénigne” et “mineure”, également observée sur d’autres modèles concurrents, faisant donc peser des risques “comparables”.
Ce durcissement s’inscrit dans un changement de doctrine de Washington, qui a longtemps privilégié une supervision minimale de l’IA, abrogeant par exemple un décret signé sous la précédente administration. La semaine dernière, OpenAI a ainsi été contraint de limiter le déploiement de son dernier modèle, GPT-5.6, à une vingtaine de “partenaires de confiance”, très probablement tous américains, approuvés par le gouvernement. Après s’être opposés à tout projet d’encadrement, les acteurs du secteurs réclament désormais des règles claires pour éviter de subir des décisions arbitraires.
Pour aller plus loin:
– Interdiction d’exportation et déploiement restreint: la volte-face américaine sur l’IA
– Anthropic rentable pour la première fois… au prix de fortes restrictions d’usage

