Par , publié le 28 novembre 2022

Rivaux dans les rues de Paris, mais alliés face à la municipalité. La semaine dernière, Lime, Tier et Dott, les trois opérateurs de trottinettes électriques dans la capitale, ont tenu une conférence de presse commune. Un exercice de communication inédit pour “tordre le cou aux fausses infos”. Et pour répondre aux nombreuses critiques, en particulier à celles de David Belliard, l’adjoint au maire chargé des mobilités, qui menace d’interdire les plateformes de location en libre-service au terme de la convention actuelle en février. Les trois sociétés n’ont pas seulement vanté le travail accompli depuis deux ans. Elles ont aussi présenté onze propositions d’amélioration pour faire pencher la balance du bon côté.

“Anarchie” – Lancée en Californie en 2017, la mode des trottinettes électriques en free floating (sans bornes) a très vite conquis Paris. Plus de dix start-up se lancent rapidement dans la capitale, déployant des milliers d’engins sur les trottoirs sans autorisation ni contrôle. Une véritable “anarchie”, selon la maire Anne Hidalgo, qui a débouché sur le lancement d’un appel d’offres. En juillet 2020, seulement trois opérateurs sont retenus: l’américain Lime, l’allemand Tier et le franco-néerlandais Dott. Un cahier des charges très strict leur est alors imposé, les obligeant par exemple à salarier les équipes chargées de la recharge. Depuis, le trafic a fortement augmenté (près de 2,5 millions de trajets en juillet), malgré un parc de trottinettes toujours bridé à 15.000.

Immatriculation – À Paris, comme ailleurs, la situation s’est nettement améliorée. Sous la pression des élus locaux, et de l’opinion publique, les plateformes ont introduit de nouvelles limitations. Elles ont notamment bridé la vitesse dans certaines zones et limité le stationnement à des emplacements désignés. Pas suffisant cependant pour régler tous les problèmes. Et pour faire taire les critiques. “Le compte n’y est pas”, assurait fin septembre David Belliard, citant les stationnements gênants, les accidents ou encore les infractions au code de la route. Les opérateurs proposent désormais d’interdire la location aux mineurs, d’immatriculer leur flotte pour faciliter les contraventions et de tester une technologie pour bloquer la circulation sur les trottoirs.

Effet boule de neige – Lime, Tier et Dott assurent aussi qu’un retrait de leurs trottinettes représenterait un retour en arrière, vers un monde avec davantage de voitures. Initialement annoncée pour octobre, la décision de la mairie de Paris se fait toujours attendre. L’enjeu est primordial pour les trois entreprises. Non seulement parce que la capitale est l’un des plus importants marchés du monde. Mais aussi parce qu’ils redoutent un effet boule de neige, en France et à l’étranger. Une interdiction pourrait en effet inciter d’autres métropoles à faire de même – le recours aux appels d’offres s’est généralisé depuis celui mené à Paris. L’effet serait d’autant plus dévastateur que le secteur n’est pas au mieux, entre un modèle économique encore fragile et la méfiance des investisseurs.

Pour aller plus loin:
– Bird, le pionnier des trottinettes électriques, menacé de faillite
– En quête d’économies, Tier abandonne ses scooters électriques


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