Par , publié le 6 décembre 2022

C’est du jamais vu dans l’intelligence artificielle. Cinq jours après sa mise en ligne, ChatGPT a attiré plus d’un million d’utilisateurs. Des chercheurs bien sûr, mais surtout beaucoup de curieux venus tester les capacités de ce robot conversationnel dont les discussions s’affichent depuis une semaine sur Twitter. Il est vrai que le logiciel est particulièrement impressionnant, comparé aux chatbots actuels, encore très limités et qui se résument le plus souvent à gérer les problèmes les plus simples de la relation client. ChatGPT est, lui, une ressource infinie, capable de répondre à des questions scientifiques très précises, d’inventer une recette à partir d’une liste d’ingrédients, de corriger du code informatique ou encore d’écrire des poèmes.

Musk claque la porte – ChatGPT a été développé par OpenAI, un laboratoire de recherche lancé en 2015 par plusieurs personnalités de la Silicon Valley, dont Elon Musk. Son objectif est alors de développer une intelligence artificielle devant profiter à l’humanité, sans être dictée par une logique de profit. Cette mission a changé en 2019, lorsque la structure a abandonné son but non lucratif. Puis, a fait entrer Microsoft dans son capital, une opération complexe, d’un montant d’un milliard de dollars, incluant investissement, licence d’utilisation et partenariat commercial. En désaccord avec cette orientation, Elon Musk avait claqué la porte un an plus tôt. La société est considérée comme l’une des plus avancées dans le domaine. Elle est également à l’origine de DALL-E, une IA capable de créer des images à partir d’un texte.

Mieux que Google ? – Alors même qu’une quatrième version, plus perfectionnée, pourrait être lancée dès l’année prochaine, ChatGPT illustre l’une des promesses de l’intelligence artificielle: révolutionner la recherche d’informations en rendant la connaissance beaucoup plus accessible. En un sens, le chatbot représente ce que Google tente déjà de faire depuis des années, en particulier avec son assistant vocal: renforcer l’aspect conversationnel, un moyen plus intuitif de trouver ce que l’on cherche. Mais ChatGPT va plus loin. Pour répondre à une question, Google peut extraire un extrait jugé pertinent depuis un site Internet, par exemple Wikipedia. Parfois, le moteur ne fournit qu’une liste de liens, laissant l’internaute finir le travail. ChatGPT peut, lui, puiser des données dans de nombreuses sources, puis en faire un résumé cohérent et immédiatement accessible.

Déficit de crédibilité – Cette faculté représente une force, mais aussi une faiblesse. ChatGPT ne fournit pas une vérité, mais sa vérité. De nombreuses erreurs factuelles ont déjà été signalées. Lundi, la plateforme de développeurs Stack Overflow a ainsi banni les réponses fournies par le chatbot. Ce problème peut être amélioré, notamment grâce à l’entraînement de l’IA. Mais cela ne fera que limiter le déficit de crédibilité inhérent à son fonctionnement. On ne sait pas sur quelles sources l’IA s’appuie. Ni comment elle est capable de distinguer celles qui sont fiables de celles qui ne le sont pas. Et ChatGPT ne cite aucune source, ne permettant pas de se faire une idée de la pertinence de ses informations. Autrement dit: pour être certain que le chatbot ne se trompe pas, il faut déjà connaître… la réponse.

Pour aller plus loin:
– DeepMind réalise ses premiers profits


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