Par , publié le 12 décembre 2022

Et si Alphabet était le prochain géant de la Silicon Valley à mener un important plan social ? C’est en tout cas ce que redoutent les employés de la maison mère de Google, pas rassurés par les dernières déclarations de leur patron. “C’est très difficile de prédire le futur”, a simplement indiqué Sundar Pichai, interrogé jeudi dernier sur de possibles licenciements lors d’une séance de questions-réponses, rapporte Business Insider. Depuis plusieurs semaines, les rumeurs se propagent au sein de la société de Mountain View, alors qu’un nouveau système d’évaluation des salariés vient d’être mis en place. Et que Facebook et Snapchat, eux aussi touchés par le ralentissement du marché publicitaire, ont récemment licencié des milliers de personnes.

187.000 employés – Alphabet a énormément embauché ces dernières années. Beaucoup trop, estime le fonds activiste TCI, qui réclame des mesures “agressives” pour doper un cours boursier en berne (-34% depuis le début de l’année). “L’activité pourrait être gérée de manière plus efficace avec significativement moins d’employés”, assure le fonds, qui souligne que “quasiment toutes les sociétés technologiques réduisent leurs coûts”. Fin septembre, Alphabet comptait près de 187.000 employés, quasiment deux fois plus qu’il y a quatre ans. Malgré le gel des embauches annoncé cet été, la société a encore recruté plus de 12.000 personnes au troisième trimestre. Un rythme qui devrait nettement ralentir ces prochains mois, a cependant promis sa directrice financière.

Marché publicitaire – La crainte d’un plan social ne s’explique pas seulement par les recrutements massifs. Elle est aussi alimentée par la forte baisse de la croissance du chiffre d’affaires d’Alphabet. Au troisième trimestre, celle-ci ne s’est élevée qu’à 6%, sa plus mauvaise performance depuis 2013 – hormis l’impact du Covid début 2020. Dans le même temps, les dépenses de la société ont progressé de 18%. Et le bénéfice opérationnel a reculé de 19%.“Jusqu’en 2021, la discipline budgétaire n’était pas une priorité, poursuit le fonds TCI. Elle est désormais indispensable”. Comme Facebook, Google est touché par la faiblesse du marché publicitaire, plombé par l’inflation et les inquiétudes d’une prochaine récession. Même YouTube, traditionnel moteur de croissance, n’est pas épargné.

Autres paris – Face à cette situation, Alphabet a déjà pris des mesures ciblées pour réduire les coûts. “Ces derniers mois, nous avons essayé d’être disciplinés, de prioriser et de rationaliser ce qui devait l’être pour mieux affronter la tempête”, a rappelé Sundar Pichai. La société a ainsi fermé son offre de cloud gaming Stadia et abandonné plusieurs projets de son incubateur Area 120. Elle a aussi limité les voyages professionnels de ses employés, selon The Information. Ces mesures restent cependant relativement limitées. En plus d’un plan social, le fonds TCI milite également pour une forte baisse des investissements dans les “autres paris”, le segment qui regroupent les activités annexes, comme les véhicules autonomes. Et qui accuse de très lourdes pertes: 20 milliards de dollars depuis 2017.

Pour aller plus loin:
– En perte de vitesse, Facebook lance un important plan social
– Le chiffre d’affaires de YouTube baisse, une première


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