Par , publié le 20 mai 2026

De moins en moins un moteur de recherche, de plus en plus une entreprise d’intelligence artificielle. Les résultats financiers publiés lundi par Baidu confirment cette bascule. Au premier trimestre, ses différentes activités liées à l’IA ont représenté la majorité des 26 milliards de yuans de chiffre d’affaires (environ 3,3 milliards d’euros, hors plateforme de streaming iQIYI). Une première pour le “Google chinois”, qui enregistre depuis deux ans un recul marqué de ses recettes publicitaires. En cause: le déplacement massif des usages, de la recherche traditionnelle vers les plateformes vidéo.

Puces d’IA

Baidu a été la première entreprise chinoise à emboîter le pas de ChatGPT. Dès mars 2023, la société avait dévoilé son grand modèle de langage Ernie. Mais elle a été rapidement dépassée, d’abord par Alibaba, puis par une nouvelle génération de start-up spécialisées comme DeepSeek ou Moonshot. Sur un marché pourtant en forte croissance, les revenus tirés de ces services d’IA stagnent ainsi. Son patron Robin Li affiche de nouvelles ambitions: l’IA agentique. La semaine dernière, Baidu a présenté plusieurs agents capables, notamment, de générer du code informatique.

En attendant, la division cloud constitue le principal moteur de croissance. Au premier trimestre, elle a généré un chiffre d’affaires de 8,8 milliards de yuans, en hausse de 79% sur un an. Baidu profite de l’essor de l’IA sur deux tableaux. D’un côté, avec sa plateforme de cloud, permettant d’entraîner et d’exécuter des modèles d’IA. De l’autre, via ses cartes graphiques, dont la demande est dopée par les restrictions imposées par Pékin sur les puces de Nvidia. La société est aussi très avancée dans la voiture autonome, mais ne partage pas les performances financières de cette activité.

Pour aller plus loin:
– Toujours aucune avancée pour Nvidia sur le marché chinois
– En Chine, l’intelligence artificielle au défi de la censure


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