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Par , publié le 29 septembre 2020

C’était il y a un an jour pour jour. Empêtré dans les difficultés et incapable de convaincre les investisseurs, WeWork suspendait son processus d’introduction en Bourse. Depuis, le spécialiste de la location de bureaux, désormais contrôlé par le conglomérat japonais Softbank, tente de repartir de l’avant. Fini les rêves de grandeur de son fondateur, l’objectif est d’abord de limiter l’hémorragie financière. Malgré l’épidémie de coronavirus, la société espère toujours devenir rentable dès l’année prochaine. Et se dit même idéalement placée pour tirer profit de la nouvelle organisation du travail.

47 milliards de dollars – Fondée en 2010, WeWork a connu une ascension fulgurante, en s’inspirant des codes de la Silicon Valley (espaces de détente, cuisines aménagées, cours de yoga…). En dix ans, l’entreprise ouvre plus de 800 espaces de coworking, un mode de travail plébiscité par les travailleurs indépendants et les start-up. Début 2019, sa valorisation s’envole à 47 milliards de dollars. Pourtant, son modèle économique a toujours suscité des doutes. Celui-ci repose sur la signature de baux de longue durée – pour un montant global de près de 50 milliards -, alors que ses clients ne s’engagent que sur du court terme. Cela la rend vulnérable à un retournement économique.

Confiance aveugle – L’ascension et la chute de WeWork peuvent également s’expliquer par les ambitions démesurées de son créateur, Adam Neumann, qui a dépensé sans compter. Mais aussi par la confiance aveugle qui lui a été accordée, en particulier par Masayoshi Son. Sans jamais poser de questions, le patron de Softbank a investi plus de 10 milliards de dollars dans la société, alimentant sa course effrénée à la croissance. Pour éviter une faillite après l’échec de l’introduction en Bourse, c’est encore lui qui réinjecte, fin 2019, près de deux milliards supplémentaires. Il prend en échange 80% du capital et place un de ses lieutenants, Marcelo Claure, à la direction.

Licenciements massifs – Le nouveau WeWork s’est converti à l’austérité pour tenter de préserver ses liquidités. Une cure brutale: en moins d’un an, plus de la moitié des salariés ont été licenciés. Le groupe coupe les coûts un peu partout, ralentit le rythme d’ouverture de nouveaux bureaux et tente de renégocier certains de ses baux à la baisse. Les projets annexes, comme WeLive (coliving) et WeGrow (école pour enfants), sont menacés ou ont déjà pris fin. La semaine dernière, il a par ailleurs cédé la majorité du capital de sa filiale chinoise, pour seulement 200 millions de dollars. Malgré tous ces efforts, sa trésorerie s’est encore réduite de plus d’un milliard de dollars depuis le début de l’année.

“La demande explose” – Au deuxième trimestre, WeWork a connu une légère baisse de son nombre de membres. Et son chiffre d’affaires n’a progressé que de 9%, un net ralentissement en partie provoqué par les mesures de distanciation sociale. Mais ses dirigeants restent confiants. “La demande pour des espaces privatifs explose”, assure Marcelo Claure, dans une interview accordée au Financial Times“Les employés de Facebook, Google ou Amazon peuvent travailler d’où ils veulent. Beaucoup d’entre eux viennent chez nous”, poursuit-il. Une fois la crise du coronavirus passée, WeWork se voit donc en grand gagnant de la montée du travail à distance.

Pour aller plus loin:
– Après le fiasco WeWork, Softbank tente un pari risqué en Bourse
– Les grandes manœuvres de Softbank pour retrouver sa liberté


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