Par , publié le 9 novembre 2020

Cible privilégiée de l’administration Trump, Huawei pourrait bien profiter de la défaite du président américain. Il faut dire que la situation peut difficilement empirer pour le géant chinois, non seulement banni des Etats-Unis mais aussi inscrit sur une liste noire qui lui coupe l’accès à de nombreuses technologies américaines, asiatiques et même chinoises. Si Joe Biden a rarement évoqué les relations entre les Etats-Unis et la Chine, nombre d’observateurs estiment que le nouveau locataire de la Maison blanche va adopter une ligne moins dure. De quoi envisager la levée d’une partie des sanctions infligées à Huawei.

Pénurie de composants –  La société a été placée l’an dernier sur l’Entity list, qui lui interdit toute relation commerciale avec des entreprises américaines. Cela signifie notamment qu’elle n’a plus accès à Android et au Play Store Google. Ou encore aux puces de Qualcomm. Mais ces sanctions vont encore plus loin: elles interdisent aussi aux groupes étrangers de travailler avec Huawei, dès lors qu’ils utilisent des équipements américains. Ainsi, le taïwanais TSMC va arrêter de lui vendre des puces. Samsung et LG pourraient ne plus lui livrer des écrans et Sony des capteurs photo. Dans l’incapacité de se fournir en composants, Huawei ne pourrait produire que 50 millions de smartphones en 2021, contre près de 200 millions cette année, préviennent les analystes de GF Securities.

Dérogations possibles – Deux solutions peuvent permettre au fabricant de sortir de l’impasse. D’abord, un retrait de la liste noire, ce qui constituerait un geste fort de la part de la nouvelle administration pour apaiser les relations sino-américaines. Deuxième option: davantage de dérogations pour les fournisseurs de Huawei. Ces derniers mois, celles-ci n’ont été accordées qu’au compte-goutte par Washington, tout en étant assorties de conditions assez strictes. Une levée, même partielle, de ces restrictions permettrait à Huawei de respirer. A plus long terme, cependant, l’entreprise semble bien décidée à ne plus être dépendante des Etats-Unis: elle promet de conserver son système HarmonyOS, qui remplace Android, et elle investit pour pouvoir produire elle-même ses puces.

Accès au marché américain – Il est en revanche peu probable que l’administration Biden décide de revenir sur les différentes mesures qui ferment le marché américain à Huawei. Soupçonnée d’espionnage au profit de Pékin et donc considérée comme une menace pour la sécurité nationale, l’entreprise est de facto exclue des réseaux mobiles américains. Et sa volonté de vendre des smartphones aux Etats-Unis se heurte aux réticences des opérateurs, eux-mêmes mis sous pression par les autorités. Reste enfin à savoir si Washington continuera à faire pression sur ses alliés pour qu’ils excluent les équipements de Huawei du déploiement de la 5G. Un marché prioritaire.

Pour aller plus loin:
– Huawei prépare sa vie sans Android
– Vivo débarque en Europe pour profiter des déboires de Huawei


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